Virginie Cavalli, Relever les défis, du lac à l’arène politique

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Lausanne

MUNICIPALES 2026 • Sportive par nature, la Vert’libérale Virginie Cavalli cavale entre le lac où elle se baigne toute l’année et l’équitation qu’elle pratique avec passion, tout comme son engagement politique.

Animée par le goût du dialogue et allergique aux certitudes toutes faites, Virginie Cavalli trace un parcours politique exigeant et pragmatique, défendant une vision où la liberté individuelle va de pair avec la responsabilité et où chaque défi devientune occasion d’avancer.  Née à Lausanne et descendante d’une commerçante lausannoise (ndlr: Cavalli Musique), elle revendique un attachement viscéral à sa ville, et notamment son lac, sur les bords duquel nous la retrouvons. 
Plongée en politique
Ouchy n’est pas un décor choisi au hasard, mais un lieu-refuge, une respiration régulière dans un quotidien dense. «Ces rives du lac, c’est une porte grande ouverte sur la nature, à portée de métro», dit-elle, regrettant toutefois le manque d’accessibilité des zones de baignade. «Il faudrait développer des aménagements d’accès à l’eau plus proches du métro, car ce petit ponton d’Ouchy est bien insuffisant…» Été comme hiver, elle y vient pour nager – parfois dans une eau glaciale – marcher, ou simplement se ressourcer. Le lac est à la fois un espace de liberté, un défi personnel et un point d’équilibre. On est en décembre, l’eau est à huit degrés, mais Virginie a quand même pris son maillot, entre courage et ténacité! «C’est vrai, j’aime le petit côté défi! Mais je vous jure, ça fait un bien fou!» Sa vocation politique naît tôt, presque par surprise. À 21 ans, invitée par un ami à une assemblée de parti, elle découvre un univers dominé par des hommes de plus de cinquante ans. Le choc est immédiat: «Je ne me sentais absolument pas représentée! Je me suis dit: c’est juste pas possible!»
Ce sentiment d’exclusion se transforme en moteur. Elle s’engage, animée par le goût du défi: «Quand on me dit: “tu n’y arriveras jamais”, j’ai toujours un malin plaisir à le faire.»
La liberté individuelle est sa valeur cardinale, indissociable de la responsabilité: «La liberté va avec le sens du bien commun.» Elle explique ne pas supporter d’être enfermée dans des certitudes de gauche ou de droite, et prône le pragmatisme politique, loin des utopies: accepter la complexité, chercher des compromis et refuser la pensée unique. Et quand on lui dit qu’on ne peut pas défendre le libéralisme et l’écologie à la fois car cela peut sembler antinomique, elle assume que cette position soit inconfortable, mais la revendique pleinement: c’est précisément cet espace qui permet, selon elle, de convaincre une majorité de faire que l’écologie doit être vue comme une opportunité plutôt qu’une contrainte, en restant fidèle à ses valeurs de responsabilité, de dialogue et d’ouverture.
Passionnée, Virginie Cavalli ne refuse jamais la confrontation, va à la rencontre des gens, creuse ses dossiers, cherche des compromis. Elle se méfie du populisme et revendique un travail de fond. Sa personnalité s’y retrouve pleinement: une capacité à questionner sans relâche, à refuser les réponses toutes faites. «Pourquoi on ne peut pas faire mieux? Comment pourrait-on être plus efficace?» Une exigence qui fait écho à sa vie professionnelle: elle travaille dans le domaine de la protection des données, qu’elle décrit comme central aujourd’hui: «La donnée, c’est le pouvoir, mais aussi l’or numérique du XXIeᵉ siècle».
Refus du dogmatisme
En parallèle, elle effectue des mandats de juriste et conseillère parlementaire, un travail qui l’amène à jongler entre différents rôles, avec des journées souvent longues, mêlant expertise juridique, réflexion stratégique et accompagnement politique. À une vie professionnelle bien chargée, s’ajoutent une vie sociale active d’épicurienne assumée et des engagements citoyens, tout en cherchant à préserver des «bulles d’oxygène». 
L’équitation, la danse, la course à pied ou la natation sont pour elle des espaces de calme et de recentrage, mais où le défi n’est jamais loin (exemple: la baignade à huit degrés!). Chassez le naturel, il revient au galop… Son rapport au cheval est d’ailleurs révélateur: elle a sauvé une jument promise à l’abattoir, malgré les doutes de beaucoup de personnes: «Encore un projet dont certains disaient: c’est perdu d’avance.» On lui reproche parfois un rythme effréné, qu’elle assume avec lucidité, reconnaissant avoir longtemps peiné à poser des limites. Toujours en mouvement, elle a appris à ses dépens l’importance de l’équilibre, mais s’efforce aujourd’hui de prioriser, d’écouter les signaux, d’accepter de lever le pied lorsque cela s’impose. Son engagement repose sur une conviction simple: on peut changer les choses sans dogmatisme, en restant fidèle à soi-même, sans avoir peur de l’effort, ni de nager, parfois, à contre-courant. 

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