MONDIAUX • La semaine passée, les Suisses ont marqué de leur empreinte les premiers championnats du monde de l’histoire. Parmi eux, se trouvaient Nicolas et Victor Hale-Woods. Un pilier et un «rookie». Confidences.
La semaine passée se déroulaient à Ordina-Arcalis en Andorre, les premiers Mondiaux FIS freeride de l’histoire. Deux Lausannois étaient de la partie. Nicolas Hale-Woods, le père de 56 ans, est le fondateur de célèbre Xtreme de Verbier et du circuit mondial du Freeride World Tour (FWT). Lequel est piloté depuis Pully par sa société, qui emploie 22 personnes.
Tombé dans la marmite
Victor, son fils de 23 ans, est tombé dans la marmite freeride tout gamin. «Mon père a su partager sa passion avec nous, sans jamais nous pousser à la gagne… On ride encore ensemble parfois et c’est toujours un plaisir, même s’il a parfois du mal à suivre». Dans les pentes couvertes de 20 cm de poudreuse fraiche du Basser Negre, sommet de 2’687 m affichant des pics à 47°, le Vaudois a négocié sa «ligne» comme prévu, mais a été gêné par le vent et les passages précédents. Au final, il termine 11e sur 18 mais «avec plaisir et sans regret».
Victor Hale-Woods est un «rookie» sur le FWT 2026, mais ne se laisse pas intimider par les athlètes confirmés qui y évoluent et l’ont inspiré. Le Lausannois se donne les moyens de réussir. Il se fait aider par trois coachs: un pour le physique, un pour le mental et un pour le choix de ses lignes. Etudiant à HEC Lausanne et y bénéficiant du programme aménagé pour les sportifs, tout comme son amie française Astrid Cheylus, il démarche lui-même les sponsors pour financer les 15’000 francs de sa saison. La marque étasunienne K2 et la norvégienne Norrona lui font déjà confiance. «Mon frère ainé Thibault, qui est avocat stagiaire à l’étude Bratschi de Lausanne, relit mes contrats», précise le jeune homme en souriant.
Une fierté partagée
Nicolas Hale-Woods est «fier» de ses fils. Il a aussi de quoi être fier de lui. En 2025, les vidéos du FWT ont en effet charrié pas moins 400 millions de vues. Quant au FWT, il a donné naissance à 330 évènements, charriant 11’000 licenciés. Fin 2022, la puissante Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) rachetait son FWT. Les Mondiaux d’hier constituaient le premier changement visible découlant de cet évènement.
Lequel avait à l’époque choqué les puristes, inquiets de voir leur discipline de prédilection «perdre son âme» sur l’autel du sport-business. L’objectif affiché par Nicolas Hale-Woods était alors clairement de «passer à un niveau supérieur et d’amener un jour le freeride aux JO». Le succès de ces premiers Mondiaux va puissamment dans ce sens. Le comité international olympique décidera en juin si le freeride sera des JO d’hiver 2023 dans les Alpes françaises. Victor Hale-Woods espère au moins autant que son père que la réponse sera positive…