Mathilde Maillard, l'humaniste de droite qui écoute la ville

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Lausanne

MUNICIPALES 2026 • Avocate de formation, libérale de conviction, et profondément ancrée dans sa ville, la PLR Mathilde Maillard vit Lausanne au quotidien, animée par une vocation politique précoce, passionnée  et assumée. 

Dans l’appartement de Mathilde Maillard, au cœur de l’une des rues piétonnes les plus célèbres de la ville, un cadre attire immédiatement le regard: une affiche de campagne libérale de 1931 montrant une grosse main rouge menaçante planant sur Lausanne, annonçant que «les socialistes vont s’emparer de l’Hôtel de Ville». Un clin d’œil offert par ses collègues, à la fois esthétique et politique: «C’est évidemment un trait d’humour. Mais au-delà du symbole, je trouve aussi cette affiche très jolie», précise-t-elle. 
Une vocation politique précoce
Née en 1993 et avocate de profession, elle adhère officiellement au PLR en 2014, dans sa jeune vingtaine. Dans sa famille, pas d’engagement politique, mais un intérêt vif pour la chose: «Même adolescente, j’ai su que j’avais des idées de centre-droit, explique-t-elle. J’ai évolué dans une famille où on parlait beaucoup de politique. Aucun de mes parents n’a jamais appartenu à un parti, mais mon père travaillait dans le milieu politique, et ma mère était enseignante d’origine française, alors c’était un sujet inépuisable, tant côté suisse que côté français.» 
Très tôt, les convictions se structurent: étudiante en droit à l’Université de Lausanne, elle s’engage activement chez les Jeunes PLR, attirée par un pragmatisme qu’elle revendique: «La différence entre la gauche et la droite, c’est que la gauche est très dogmatique, et donc souvent hors-sol, tandis qu’à droite, on est plutôt pragmatique.»
Ce goût du concret irrigue son engagement et l’envie de contribuer à la communauté, avec, chevillée au corps, une passion énorme pour l’actualité et les systèmes politiques. Mathilde Maillard établit un parallèle clair entre sa vocation politique et son métier d’avocate: «En tant qu’avocat, on est habitué à la confrontation, au débat, à l’oralité. En politique, c’est fondamental d’être tout à la fois force d’écoute et surtout force de proposition, avec des convictions fortes. Quand on plaide, on aide notre client dans une situation individuelle, on y croit, on avance, et c’est déjà passionnant. Quand on s’engage en politique, c’est la même idée, mais dans ce cas, on n’est plus au service d’une personne, mais de la communauté.»
Lausanne, entre attachement et inquiétude
Chez Mathilde Maillard, l’attachement à Lausanne est d’abord une affaire de vécu. Depuis près de dix ans qu’elle y habite, elle parcourt la ville chaque jour en bus, à pied, de jour comme de nuit: Lausanne est pour elle un lieu de vie avant d’être un enjeu politique. 
Son regard sur l’évolution de la ville est lucide, parfois inquiet. «Je suis assez attristée quand je vois l’état de la ville, et plus encore de l’hyper-centre.» Commerces en difficulté, sentiment d’insécurité, deal à ciel ouvert: elle raconte ce sentiment de dégradation sans détour, notamment cette scène où une vieille dame, anxieuse, lui demande d’attendre le bus avec elle. «C’était un dimanche, à midi! Ça me brise le cœur de constater ce climat qui nuit grandement à la qualité de vie des Lausannois.»
C’est face à ce qu’elle nomme un «constat d’échec» qu’elle souhaite agir sans attendre. Elle croit à des solutions fondées sur l’équilibre entre le respect des devoirs et des libertés individuelles, sans renoncer à l’humanisme. «On peut porter des valeurs de droite et être humaniste, bien sûr. La droite humaniste existe! Ce n’est pas parce qu’on est de droite qu’on est contre toute forme de redistribution sociale.» 
Pour elle, la vérité politique est toujours multiple, jamais unique: «La vérité se construit sur la base de ce que les gens ressentent, vivent, observent. Le travail du politicien, c’est de savoir écouter, faire remonter, et trouver un chemin à partir de là.» Hors des salles de conseil et des prétoires, Mathilde aime lire – longtemps des essais politiques, aujourd’hui davantage de romans – et refuse une vie casanière: «Pour passer une journée à la maison, il faut vraiment que je sois malade. J’aime faire la fête, et c’est aussi pour ça que j’aime Lausanne: c’est une ville avec une vie nocturne très dynamique. Je suis souvent au Giraf ou au XIIIe Siècle par exemple». 
Mais la politicienne n’est jamais loin de la noctambule, rappelant qu’il est essentiel que la fête et la vie nocturne se vivent «dans un espace public où l’on se sent bien, en sécurité». Que ce soit en parcourant la ville, en assistant à des événements culturels ou en partageant un verre avec des habitants, elle reste proche du quotidien lausannois. Rarement chez elle, toujours en action, Mathilde Maillard incarne une génération engagée, énergique et déterminée à aligner actes et convictions. Une manière, aussi, de répondre à ceux qui reprochent à la classe politique d’être de plus en plus déconnectée de la réalité et de rappeler que l’engagement politique peut s’ancrer dans la vie de tous les jours, au cœur des quartiers et des citoyens qu’elle représente.

En savoir plus