L’empreinte carbone des Jeux olympiques reste massive

Rédigé par
Sylvie Parel
Société

DURABILITÉ - Une étude de l’université de Lausanne (Unil) montre que le modèle olympique doit être repensé plus en profondeur pour respecter l ’Accord de Paris.

Alors qu’ils se présentent depuis quelques années comme des modèles de durabilité, les Jeux olympiques affichent pourtant un bilan carbone massif : entre 1,59 et 4,5 millions de tonnes de CO₂e par édition depuis 2012. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Unil estime qu’il existe un décalage entre objectifs ambitieux et réalité, et qu’il est nécessaire, pour s’aligner sur l’Accord de Paris sur le climat, de réduire les émissions des jeux de 48% d’ici 2030, de 70% d’ici 2040, et de 84% d’ici 2050. Comment y parvenir ? Dans leur analyse, publiée dans The Geographical Journal, les chercheurs dessinent des pistes d’actions précises. 

Ainsi pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris (limiter le réchauffement à +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle). Les scientifiques préconisent un remaniement profond des Jeux olympiques, au -delà des seuls progrès technologiques et autres ajustements. Afin d’alléger l’empreinte carbone globale, ils proposent de réduire la taille de l’événement, pour qu’il s’adapte aux sites de compétitions et aux transports existants. 

Réduire le trafic aérien

Ensuite, il s’agit de réduire le trafic aérien en privilégiant le public local et les transports ferroviaires durables, et en développant par exemple des expériences de réalité virtuelle immersives à distance, ainsi que des partenariats avec des opérateurs ferroviaires pour se rendre dans les « fan zones ». Enfin, le volet opérationnel devrait inclure davantage d’énergies renouvelables, d’aliments d’origine végétale, et de transports décarbonés.

« Depuis 2020, le CIO impose aux villes hôtes de réduire leurs émissions, mais sans fournir de feuille de route concrète, ce qui ouvre la porte à l’achat de crédits carbone pour afficher un bilan "neutre", sans changement des pratiques et avec un risque de greenwashing », illustre David Gogishvili, chercheur à l’Unil et premier auteur de l’étude. « Si l’on veut que les Jeux olympiques restent pertinents dans un monde confronté à la crise climatique, la durabilité doit dépasser le stade des discours et devenir une exigence contraignante et responsable, vérifiée de manière indépendante », conclut-il.

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