ERREUR STRATÉGIQUE - «Griller» un bien, c’est le lancer sur le marché avec un prix trop élevé, des photos approximatives ou un message peu clair.
Ne dit-on pas que la première impression est souvent la bonne? Et parfois la seule. Lorsqu’un bien immobilier est mis en vente, il bénéficie d’un moment clé de visibilité. Les acheteurs attentifs découvrent l’annonce, la comparent, s’y intéressent et, dans certains cas, entament un processus qui peut constituer la première étape vers une vente. C’est précisément à ce moment-là que tout se joue. «Griller» un bien, c’est le lancer sur le marché avec un prix trop élevé, des photos approximatives ou un message peu clair. Le constat est alors souvent le même: les premières semaines passent sans réelle réaction. Les visites se font rares, les acheteurs observent à distance et le doute s’installe.
Aujourd’hui, les acheteurs sont généralement bien informés. Ils suivent les nouveautés, connaissent les prix du quartier et identifient rapidement un bien mal positionné. Lorsqu’une correction de prix intervient trop tard, le logement a souvent déjà perdu son attractivité initiale. Il devient «un bien qu’on a déjà vu», suscitant interrogations et méfiance, au point de décourager certains acheteurs de prendre contact ou d’organiser une visite.
La clé n’est donc pas de tester le marché, mais de le comprendre, en intégrant ses réalités, ses enjeux et sa complexité dès le départ. Un prix juste, basé sur des ventes récentes et comparables, permet de créer une dynamique saine et porteuse. Associé à une présentation soignée, un discours transparent et une stratégie de mise en vente adaptée, l’intérêt se crée naturellement. Mieux vaut susciter plusieurs visites dès le début que d’attendre en espérant.
En immobilier, le temps ne joue pas toujours en faveur du vendeur. Un bien bien préparé ne se brade pas: il se vend au bon moment, et dans les conditions définies avec précision dès le départ.
Laurent Pannatier, directeur de Proximmo, agence immobilière