DÉTENTION - Dans son rapport annuel 2024-2025, la Commission des visiteurs pointe du doigt la précarité des conditions de détentions au sein des prisons vaudoises : surpopulation carcérale, durées de détention problématiques, et accès insuffisant aux soins psychiatriques ont été relevés.
Composée de de 7 députés, la Commission des visiteurs a pour mission de s’assurer que les conditions de détention des personnes sont conformes aux dispositions légales applicables, et ce dès le moment de l’arrestation.
Dans son rapport annuel 2024-2025, et à l’issue des dix-sept visites qu’elle a effectuées, elle a relevé de nombreux « défis persistants » : le taux d’occupation dans les prisons constitue en effet un problème aigu (166% à la Prison du Bois-Mermet, 143% à la Prison de la Croisée), avec des conséquences néfastes sur l’ensemble des conditions de détention, qui affectent autant les personnes détenues que le personnel.
62 jours au lieu de 48 heures...
La durée de détention dans les zones carcérales est également problématique, des personnes ayant en effet passé jusqu’à 62 jours dans les cellules d’une zone carcérale de locaux de police, pourtant prévues pour une détention d’une durée légale maximale de 48 heures. En cause : des conditions matérielles parfois inadéquates (chantiers en cours, suroccupation des cellules. Enfin, la prévalence des troubles psychiques s’accroît de manière inquiétante, alors que l’accès aux soins est insuffisant avec en outre un manque d’activités et de travail.
La Commission a ainsi émis huit recommandations à l’intention du Conseil d’État en vue d’assurer des conditions de détention dignes dans les établissements pénitentiaires et lieux de privation de liberté du canton. Son rapport, accompagné des réponses du Conseil d’État, sera traité lors de la séance du Grand Conseil du 3 mars prochain.