Comment les feux de Bengale vont illuminer la cathédrale

Rédigé par
Charaf Abdessemed
Lausanne

RÉVEILLON • Chaque année, le 31 décembre à minuit, la cathédrale de Lausanne s’embrase dans un magnifique spectacle lumineux. Plongée dans les coulisses de l’un des événements les plus populaires des fêtes de fin d’année.

Prenez 45 grands plats à paella d’environ 1 mètre de diamètre, autant de bâtons de feux de Bengale, une solide bande de bénévoles bien motivés, et vous obtenez l’un des plus beaux spectacles de la région. 
Car contrairement à ce que l’on croit souvent, l’embrasement de la cathédrale, qui a lieu chaque année tous les 31 décembre à la cathédrale de Lausanne, ne nécessite pas une logistique immense, ni des moyens conséquents. Bien au contraire, c’est plutôt de motivation, de coordination, d’organisation et d’anticipation qu’il s’agit.
Incontournable
Organisé par l’Association des Amis de la Cité depuis 1904, à l’exception des années de guerre et de Covid, l’embrasement de la cathédrale avait initialement pour but de rendre hommage au travail du guet, dont le rôle était de surveiller les incendies qui pouvaient se déclarer un peu partout dans la ville. Depuis, il est devenu un des incontournables des fêtes de fin d’année, regroupant des milliers de personnes en provenance de Lausanne et d’ailleurs, venues fêter au pied de la cathédrale l’avènement du nouvel an.
Pour les bénévoles de l’Association des Amis de la Cité, le travail commence à chaque fois une année plus tôt, avec les incontournables démarches administratives, indispensables pour que l’événement puisse avoir lieu. «On nous confie littéralement la cathédrale le temps d’une soirée, à ce titre nous en sommes responsables et il est normal qu’en contrepartie, nous veillions à ce que tout soit en ordre sur tous les plans, y compris administratifs», explique Jules Confino, vice-président de l’Association des Amis de la Cité. 
Dès le mois de janvier donc, les demandes d’autorisations sont envoyées aux divers services de la Ville et du Canton, avec toutes les pièces justificatives requises. «Depuis l’incendie qui a dévasté Notre-Dame à Paris, les exigences en matière de sécurité sont nettement plus élevées note Jules Confino. Ainsi, le jour J, nous avons ainsi l’obligation de faire appel à un artificier professionnel dont nous devons désormais prouver la certification, en plus des traditionnels pompiers, dont la présence sur place est depuis toujours, indispensable, car la température des flammes peut atteindre 500 à 600 degrés. Tout doit être parfaitement organisé et anticipé, aussi bien en termes de sécurité que de coordination, car nous n’avons pas droit à l’erreur». 
En plus des diverses démarches administratives, un important travail de coordination doit en effet en plus être consenti en amont de l’événement, afin qu’au moment clé de l’embrasement, la circulation automobile soit restreinte dans le périmètre, l’éclairage de la cathédrale diminué, et les cloches stoppées.
Sur trois étages
Un artificier, des pompiers, des feux de Bengale préalablement achetés auprès d’une entreprise suisse reconnue, une coordination resserrée entre de multiples acteurs… Il ne manque plus que les bénévoles munis d’allumettes qui, le soir du 31 sur les trois étages du beffroi, allumeront les feux. Présents dans la tour une heure avant, ils sont répartis devant les bâtons de Bengale posés sur les 45 plats à paella – le meilleur support qui soit, dit-on –, judicieusement disposés dans des recoins spécialement choisis par l’artificier. «La disposition des feux est très importante, car il s’agit d’obtenir les meilleures flammes possibles pour que le spectacle soit réussi», ajoute Jules Confino. 
4000 francs…
Aux douze coups de minuit, les feux sont ainsi allumés, sous la supervision de l’artificier et des pompiers, présents dans l’escalier, et bien sûr sous les vivats de la foule, ravie d’une splendide illumination dont le coût n’aura au total pas dépassé les… 4000 francs, une somme qui correspond au financement de l’achat des feux, du reste couvert par une subvention de la Ville de Lausanne. 
Immuable depuis des années dans son organisation, l’embrasement de la cathédrale pourrait néanmoins connaître dans les années à venir, une petite évolution. «Nous étudions en effet la possibilité de mettre en place des haut-parleurs pour que la foule puisse entonner le compte à rebours des douze coups de minuit à l’unisson, annonce le vice-président de l’association des Amis de la Cité. Aucune décision n’est encore prise, mais nous sommes en train d’étudier la faisabilité technique de ce projet». 

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