Mais quelle est l’origine du «style chalet» ?

Rédigé par
Ulrich Doepper, Pierre Thomas et Michel Zendali
Culture & Loisirs

CABANE • D’une façon générale, on prête au chalet des origines allemandes ou anglaises, liées au goût romantique du voyage dans les Alpes.

 «Chalet.» Les lexicographes s’accordent à dire que le mot a été popularisé par Jean-Jacques Rousseau dans son roman épistolaire «La Nouvelle Héloïse», paru en 1761. Toutefois, il est moins facile de cerner le type architectural lui-même, et sa diffusion en dehors de son cadre originel. D’une façon générale, on prête au chalet des origines allemandes ou anglaises, urbaines pourquoi pas, liées au goût romantique du voyage dans les Alpes depuis le XIXe siècle. 

On lui reconnaît une forme de virginité, possédant la pureté de la cabane primitive. Par le regard des étrangers, les Suisses comprirent que le chalet était constitutif de leur identité culturelle, puis patriotique. Les expositions universelles (comme celle de Paris en 1880) ou nationales (Genève en 1896) promurent efficacement le chalet en mettant en scène de spectaculaires villages suisses, fausse montagne comprise. 

Sauvabelin

Le Village suisse de Sauvabelin, qui a vu le jour dans une fabrique de chalets, possédait aussi une dizaine de petites constructions récupérées. Le chalet était en effet un des vecteurs de la rationalisation du bâtiment, de la préfabrication, comme il sied à une société urbaine et industrialisée.

Pourtant, le chalet peut aussi indisposer les gens de bon goût. Les communes du Mont, de Crissier, de Paudex, de Prilly et de Renens interdisent les «constructions de type chalet». Celle de Prilly, qui les tolérait au chemin des Chalets, n’autorise plus que les constructions avec un revêtement en bois.

Un autre chalet remarquable est le petit hôtel qui a fait de son style sa raison sociale. L’hôtel Le Chalet est un très bel exemple de style suisse depuis 1877. 

Baume pour l’âme 

L’écrivain suédois August Strindberg y séjourna plusieurs mois avec sa famille en 1884 et 1885. Peut-être un peu injuste, il écrivit: «Ici, je vis dans le plus beau pays du monde. La liberté! L’innocence! De belles et fortes pensées! Des gens libres! Imagine-toi vivre parmi des gens qui n’ont ni littérature, ni art, ni théâtre! C’est un baume pour l’âme!». n

Le texte de cette rubrique est tiré du livre «111 lieux à Lausanne à ne pas manquer»,  de Martine Dutruit (photos), Ulrich Doepper, Pierre Thomas et Michel Zendali (textes), éditions emons: www.111lieux.com
Disponible en librairie.

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