Sortie cinéma: «L’Agent secret» une oeuvre de mémoire saisissante

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Culture & Loisirs

DRAME • Entre paranoïa et devoir de mémoire, Kleber Mendonça Filho livre une œuvre dense, électrisante, bien plus qu’un thriller politico-historique.

Dans le Brésil oppressant de 1977, un homme revient à Recife pour retrouver son fils dans l’espoir de fuir son pays pour échapper à la dictature militaire. Entre paranoïa et devoir de mémoire, Kleber Mendonça Filho livre un immense morceau de cinéma! Une œuvre dense, électrisante, bien plus qu’un thriller politico-historique, un film-fleuve de près de trois heures, véritable condensé de 7e art, à la croisée du polar, de la chronique historique, du film politique, de la comédie grinçante, et de la série Z horrifique. 

Le film est truffé de références cinématographiques, et le spectateur se perd avec plaisir dans ce labyrinthe de styles, où les ruptures de ton deviennent autant d’outils narratifs. C’est une histoire de barbouzes, de jambe coupée, de courses-poursuites haletantes, de fausses identités, une plongée littérale dans un monde de requins, alors même que le film de Spielberg sort sur les écrans de Recife. Porté par Wagner Moura (déjà vu dans «Narcos»), impressionnant de densité, «L’Agent secret» est un tourbillon passionnant, une œuvre de mémoire.

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