Depuis ses filets, Melissa Vero rêve d’un foot beaucoup plus égalitaire

Rédigé par
Elise Dottrens
Vaud

FOOT FÉMININ • Récemment lauréate d’un mérite sportif de la Ville de Renens, la gardienne du FC Renens Melissa Vero s’engage pour attirer les filles dans le monde du foot depuis leur plus jeune âge. Alors que sa carrière de joueuse arrive sur sa fin, elle ne voit pas son avenir ailleurs que dans un stade.

Ce terrain, elle le connaît comme sa poche. Alors qu’elle foule la pelouse synthétique du stade du Censuy à Renens, Melissa Vero a l’assurance de celle qui y use ses crampons depuis longtemps. 
Depuis ses débuts dans le foot il y a près de 20 ans, d’abord comme seule fille au FC Amical St-Prex, puis en tant que gardienne du FC Renens, elle a pris de la graine et a monté les échelons jusqu’à devenir responsable des équipes féminines, et recevoir un mérite sportif d’encouragement de la Ville de Renens pour son engagement pour le football féminin. 
Détentrice depuis avril du diplôme C Basic de l’association suisse de football, qui lui permet dorénavant d’entraîner des jeunes de 10 à 20 ans, elle perfectionne ses compétences de coach avec la troisième ligue garçons du club de Venoge. «J’aime travailler avec des garçons. Il ne faut pas comparer, mais il y a quand même moins d’émotionnel. On peut se concentrer sur le foot, et moins sur le social.» 
Aussi les garçons 
Malgré une hausse des inscriptions à l’occasion de l’Euro féminin l’été dernier, les équipes féminines de Renens cherchent encore des membres. Même si, chez les juniors de moins de douze ans, assez de joueuses ont pu être recrutées pour créer une équipe entière, qui prend ses marques en affrontant des équipes de garçons. «Elles ont un bon potentiel. Et on se rend compte qu’on évolue davantage en jouant contre des garçons que contre des filles.» 
Davantage encouragés, les garçons commencent en effet à jouer plus tôt. Cela place les filles face à une autre technique et les challenge davantage. «Mais certains n’aiment pas trop jouer contre des filles, surtout si elles gagnent, rit la Renanaise. En plus, notre équipe junior, elle gagne!» C’est aux entraîneurs, ceux des garçons et ceux des filles, à sensibiliser les joueurs et les joueuses au respect et à l’égalité, jusqu’à ce que la mixité disparaisse, vers 15 ans, mais également au-delà. «Lors de mon diplôme, nous étions une classe entièrement féminine. Nous avons eu un cours sur le sexisme dans le foot, qui n’est pas donné dans les cours d’hommes. Je leur ai demandé pourquoi, parce que franchement, nous on est déjà au courant! On sait que quand on gagne contre un garçon on va se faire lyncher. Ils m’ont dit que ça serait mis en place.» 
Viser plus haut
À 28 ans, la footballeuse voit loin, pour elle et pour toutes les footballeuses en herbe, afin qu’elles commencent justement dès leur plus jeune âge. Et pour son futur, à elle? «Je commence à peine mes diplômes, et entre ma vie de joueuse et celle d’entraîneure assistante, ce n’est pas évident.  Mais le jour où j’arrêterai de jouer, je pourrai me concentrer sur mon rôle au bord du terrain, et pourquoi pas, viser plus haut.» 
Malgré plusieurs offres, c’est toujours dans les filets du Censuy qu’elle a voulu rester, là où elle est née, où elle a grandi et où elle habite encore actuellement. L’employée de commerce aimerait également trouver de quoi vivre de sa passion. «Peu de domaines me plaisent autant que le foot. J’aimerais savoir pourquoi je me lève le matin, et avoir l’envie d’aller au travail.» En attendant, elle touche son rêve du doigt en organisant avec sa sœur, les 31 janvier et 1er février prochains, un tournoi de football en salle entièrement féminin, de l’organisation à la prestation. «Cette fois, les hommes, on veut les voir dans les gradins!» 

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