Vous souffrez d’une arthrose du genou? 
Le CHUV a besoin de vous!

Rédigé par
Charaf Abdessemed
Lausanne

RECHERCHE • Le grand hôpital universitaire vaudois a lancé une étude unique et à grande échelle visant à mieux comprendre l’impact de la marche sur la progression de l’arthrose du genou. 500 personnes sont recherchées dans l’agglomération lausannoise pour y participer.

Maladie très fréquente, souvent douloureuse et handicapante, l’arthrose du genou touche aujourd’hui plus de 650 millions de personnes à travers le monde. Ce chiffre, en constante augmentation, reflète non seulement le vieillissement progressif de la population mondiale, mais aussi l’essor de l’obésité, qui constitue l’un des principaux facteurs de risque de cette pathologie complexe et multifactorielle. Cette maladie complexe, qui touche près de neuf personnes sur dix après l’âge de 65 ans, n’est à ce jour pas curable. Sa prise en charge repose principalement sur des mesures visant à soulager les symptômes et à ralentir sa progression. Parmi celles-ci, la kinésithérapie joue un rôle central en renforçant les muscles autour du genou, en améliorant la mobilité articulaire et en réduisant la douleur. L’usage d’anti-inflammatoires et d’analgésiques permet également de mieux contrôler les poussées douloureuses et d’améliorer le confort au quotidien. Lorsque l’arthrose atteint un stade avancé et que les traitements classiques ne suffisent plus, la pose d’une prothèse du genou devient alors une solution efficace. 
Cette intervention chirurgicale permet de restaurer la fonctionnalité complète de l’articulation. Seulement voilà: jusqu’à présent, la science ne dispose pas d’une vision complète du schéma de progression et d’évolution de l’arthrose, variable d’un individu à l’autre. «L’arthrose est une maladie complexe nécessitant de prendre en compte l’ensemble de l’articulation. Nos recherches étudient le lien entre la façon de marcher et les changements observés en imagerie, afin de mieux comprendre la maladie, mieux caractériser les patients et, à terme, proposer une prise en charge plus personnalisée», explique le professeur Julien Favre, directeur du Centre BioMotion du CHUV.
Deux phases
Pour pallier cette carence, le CHUV a lancé voilà plusieurs années, une étude d’envergure exceptionnelle, menée en collaboration avec plusieurs équipes internationales et soutenue par le Fonds national suisse, qui finance la recherche scientifique. Cette étude, la plus grande jamais réalisée sur l'arthrose en intégrant l’analyse de la marche, vient de voir s’achever sa première phase portant sur plus de 400 personnes ne présentant aucun symptôme.
«Depuis le début de l’année, nous avons entamé la deuxième phase qui porte cette fois sur des malades présentant des symptômes d’arthrose du genou, explique le professeur Patrick Omoumi, chef de l’imagerie musculosquelettique du CHUV. C’est la raison pour laquelle nous sommes actuellement à la recherche d’environ 500 personnes présentant une arthrose au genou et habitant dans l’agglomération lausannoise».
Conditions précises
Les personnes intéressées, hommes ou femmes, doivent en outre être âgées de plus de 45 ans, avoir une bonne compréhension de la langue française et n’avoir aucun antécédent de chirurgie des membres inférieurs. Une fois recrutées, elles pourront participer à l’étude, sous la forme de trois visites au CHUV pour réaliser un bilan d’imagerie, des examens biomécaniques et des prélèvements biologiques. Au total, chaque participant sera mobilisé durant six heures au maximum et devra en plus, durant deux semaines, porter une montre connectée qui mesurera son activité physique. 
Évidemment les données recueillies demeureront strictement confidentielles et l’ensemble des examens seront à la charge du laboratoire de recherche, tandis qu’un dédommagement et une participation aux frais de transports sont même prévus. L’exploitation des données durera plusieurs années, mais les premiers résultats devraient être connus dans le courant de l’année prochaine. Avec l’espoir de contribuer à aboutir, un jour, à de nouvelles stratégies de prévention et de prise en charge de cette maladie si fréquente. 

Pour participer à l’étude: par email etude.lks@chuv.ch et par téléphone  au 021 314 26 92. 

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