MUNICIPALES 2026 • Passionnée de montagne et avocate, la PLR Marlène Bérard a choisi de ne pas rester spectatrice et de s’engager en politique afin d’agir pour sa ville qu’elle voit évoluer dans le mauvais sens.
«À 11 ans, j’avais déjà envie de faire de la politique». Avocate de formation, Marlène Bérard annonce de suite la couleur. Dès son plus jeune âge, elle se met à observer les dirigeants à la télévision, avec une question en tête: comment ces types-là (oui, parce qu’il s’agit essentiellement d’hommes…) arrivent à faire bouger les choses?
La réponse lui vient de ses parents: «grâce à la démocratie». Le déclic est là: Marlène fera partie de ceux qui participent, plutôt que de ceux qui commentent.
Ne pas être spectatrice
Née à Lausanne, elle parle de sa ville avec un attachement viscéral: «J’y ai grandi, et j’aime cette ville plus que tout. Et c’est justement parce que je l’aime que je refuse de la voir ainsi changer en restant les bras croisés.» À 16 ans, elle passe du rêve au concret: un ami de ses parents lui conseille d’aller participer à une jeunesse de parti: elle teste, une fois au Parti Radical, une fois au Parti Libéral, et se souvient: «J’ai débarqué dans une séance où on débattait d’un objet fédéral. J’ai de suite accroché!».
Elle y découvre l’exercice fascinant de la politique, qui est pour elle à l’opposé de l’omniscience: l’art de l’écoute, de l’argumentation, de l’apprentissage, le droit à l’erreur: «J’y ai trouvé une vraie famille où l’on peut débattre, avec des outils pour prendre sa place, et beaucoup de bienveillance. On peut faire valoir des idées, et puis si on a tort, ce n’est pas grave. On est là pour explorer des pistes, des prospectives. Personne n’a de solution miracle.»
Trois combats à mener de front
Dès lors, Marlène Bérard n’a eu de cesse de devenir actrice d’un changement qu’elle juge nécessaire: «Je veux une ville où je peux me balader, où j’ai du plaisir, où mes enfants n’ont pas peur de sortir du métro à la Riponne.» Elle aborde le sujet de l’insécurité sans détour, souligne le climat parfois «difficile» qui règne dans le centre-ville, et insiste sur le devoir d’agir vite, par trois leviers: plus de répression pour les acteurs du trafic, plus de soin et plus d’accueil pour les toxicomanes, mais pas en plein cœur de la ville: «Il faut se réapproprier l’espace public, ne pas donner une impression d’abandon, comme ça a été longtemps le cas à la Riponne.»
Être femme politique, avocate, mère de famille: trois combats à mener de front, et souvent épuisants. Mère de deux filles, Marlène Bérard raconte sans fard les renoncements, l’épuisement, la charge mentale: «Quand on est une maman, on culpabilise beaucoup. J’ai mis mon parcours politique en pause, je voulais voir mes filles grandir, pouvoir rentrer le soir pour leur donner le bain. Puis je suis revenue en politique quand c’était le moment». Côté professionnel, elle choisit la voie de l’indépendance pour retrouver de la souplesse: «Cela me permet de m’organiser comme je veux, même s’il y a une autre forme de pression, l’incertitude financière… si je ne travaille pas, je ne suis pas payée. Mais je tiens plus que tout à ma liberté.» Et chacun le sait: elle a un prix. Dans son récit, une valeur cardinale revient souvent, celle du travail. Marlène Bérard vient d’un milieu plutôt modeste, des parents qui se sont «faits par eux-mêmes», une mère suisse-allemande venue apprendre le français, un père passé par l’apprentissage avant de devenir enseignant.
Elle parle des métiers «qu’on oublie», des gens qui bossent tôt, qui ne comptent pas leurs heures, dans des conditions parfois difficiles, artisans, professions du bâtiment, petits entrepreneurs... pour elle, le sens de l’effort finit toujours par payer. Un sens de l’effort qui fait écho à sa passion pour la montagne, son refuge pour décompresser, mais aussi une école de vie qui forge le caractère.
Pour ses quarante ans, elle s’est «offert» le Kilimandjaro, avec un lever de soleil au sommet, au prix de longs efforts et d’une minutieuse préparation: elle raconte la préparation, le cap à garder, la capacité à reculer quand «ça ne joue pas». La métaphore est filée.