La Ville veut améliorer la qualité des places de jeux privées

Rédigé par
Charaf Abdessemed
Lausanne

QUALITÉ DE VIE • Afin de les rendre plus attractives, la Municipalité va rehausser les critères d’édification des places de jeux privées, obligatoires pour les immeubles de plus de trois logements. Les milieux immobiliers craignent une augmentation des coûts. 

Les propriétaires lausannois le savent très bien. Le règlement du plan général d’affectation (RPGA) en vigueur depuis une vingtaine d’années, impose en cas de construction d’immeubles de plus de trois logements, l’obligation légale d’aménager une place de jeux attenante au bâtiment. Plus précisément, chaque tranche ou fraction de 100 m2 de surface de plancher brute habitable de tout bâtiment entraîne l’obligation d’aménager une surface de 1,30 m2 au minimum pour les places de jeux, la surface minimale de chaque place ne pouvant être inférieure à 20 m2. Les propriétaires ont également l’obligation d’y installer non seulement les équipements nécessaires aux jeux des enfants, mais des bancs en nombre suffisant. 
Seulement voilà: la Ville de Lausanne prévoit de préciser et améliorer les critères qualitatifs applicables à ces espaces, au travers de l’adoption d’un nouveau règlement, sur lequel le Conseil communal sera d’ailleurs invité à se prononcer. Parmi ces critères, des normes de sécurité actualisées, des qualités ludiques diversifiées avec des matériaux naturels, des assises en suffisance, ainsi que «dans la mesure du possible», un aménagement végétal de qualité.
Manque de qualités ludiques
«Depuis plusieurs années, la Ville accompagne et conseille régulièrement des propriétaires privés dans le cadre de projets de construction, afin de renforcer la qualité des espaces de jeux. Mais dans le cadre des procédures de permis de construire pour les immeubles privés, nous  constatons régulièrement que des places de jeux sont constituées d’un à deux jeux à ressort sur une surface en dalles synthétiques, et ces aménagements manquent souvent de diversité, de qualités ludiques et écologiques,  ainsi que de convivialité pour les familles» déplore Florence Germond, municipale en charge du logement, qui ajoute: «Des études récentes montrent que les enfants jouent de moins en moins à l’extérieur. Nous estimons que des espaces de jeux privés qualitatifs peuvent jouer un rôle important pour permettre aux enfants d’explorer, d’apprendre à gérer les risques et de s’amuser tout en développant leur autonomie et leurs compétences sociales.»
Au sein des milieux immobiliers lausannois, on se montre plutôt circonspect: «Avoir des places de jeux, c'est très sain et excellent pour les familles, mais nous sommes impatients de voir le détail de ces nouveaux critères, s’inquiète le patron d’une agence immobilière qui tient absolument à conserver l’anonymat. Tout ce que je peux dire, c’est que quand la Ville de Lausanne exprime des exigences, il y a fort à parier que cela se traduira par des contraintes et une complexité supplémentaires».
Coût répercuté sur les prix
De son côté, le directeur de la Chambre vaudoise immobilière (CVI), Olivier Feller, précise que cette nouvelle réglementation pourrait avoir une incidence financière: «Il faut avoir à l’esprit que plus les conditions sont exigeantes, plus le coût à la charge des développeurs immobiliers augmente. Cela se répercute ensuite sur le prix de vente des logements et les loyers, et cela vaut aussi pour les obligations liées aux places de jeux». Et d’ironiser: «Il va évidemment de soi que les places de jeux doivent être conçues dans le respect de normes de sécurité strictes. À cet égard, j’espère que tous les risques pour les enfants liés à la contamination des sols aux dioxines ont été totalement éliminés aux abords des places de jeux existants ou en devenir. Cela me paraît être un élément sécuritaire majeur». 

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