PÈRE DE LA PATRIE - Au début de sa carrière militaire en 1902, Henri Guisan a emménagé à Verte Rive, la propriété de 1 hectare les pieds dans l’eau de feu son beau-père.
En 2011, 20’000 téléspectateurs romands élisaient le «Romand du siècle» du XXe siècle: il s’agissait d’un militaire, le général Henri Guisan, commandant en chef de l’armée suisse entre 1939 et 1945.
En Suisse, le rang de général n’est donné qu’en cas de guerre à un officier nommé par l’Assemblée nationale. Dans le jargon militaire, la guerre s’appelle «service actif», et la levée en masse «mobilisation». Conservateur, fédéraliste, francophile, antisocialiste, officier de milice comme de carrière, paysan, voire gentleman-farmer, Henri Guisan a su, par un contrôle strict de son image et des actions qui ont fortement marqué les esprits, comme le fameux Rapport du 25 juillet 1940 sur le lieu même du mythique serment du Grütli de 1291, incarner l’esprit de résistance et d’union nationale. Dans toutes les pintes, son portrait veillait sur les Vaudois.
Promenade à cheval
Au début de sa carrière militaire en 1902, Henri Guisan a emménagé à Verte Rive, la propriété de 1 hectare les pieds dans l’eau de feu son beau-père. Le quartier n’était pas encore urbanisé et Guisan faisait sa promenade à cheval par le quai, jusqu’à Vidy.
En revanche, personne ne se souvient l’avoir vu se baigner dans le lac. Il vécut à Verte Rive jusqu’à sa mort. La propriété fut rachetée pour quatre millions de francs par la Confédération et mise à disposition de groupes intéressés par la chose militaire. Le public peut visiter son bureau et louer des salles ou le parc.
Si le titre de «Romand du siècle» lui a été décerné par un échantillon assez restreint de la population, il faut rappeler l’immense émotion causée par la mort de celui qui était devenu un véritable père de la patrie.
Une foule de 300’000 personnes, massée le long du cortège funèbre entre Verte Rive, la cathédrale et le cimetière de Pully, a rendu hommage à son cercueil installé sur un affût de canon, que suivait son cheval favori nommé Nobs. Seule interrogation: pourquoi avait-il donné à ce cheval le nom du premier conseiller fédéral socialiste?
Le texte de cette rubrique est tiré du livre «111 lieux à Lausanne à ne pas manquer», de Martine Dutruit (photos), Ulrich Doepper, Pierre Thomas et Michel Zendali (textes), éditions emons: www.111lieux.com. Disponible en librairie.