GÉOGRAPHIE • Les géodonnées des huit communes du district sont désormais rassemblées au sein d’un seul guichet cartographique. Mobilité, patrimoine et réseaux souterrains, entre autres, peuvent s’y superposer pour donner un maximum d’informations sur la géographie de l’ensemble du territoire.
Dorénavant, les habitants de l’Ouest lausannois peuvent étudier de très près les données géospatiales de leur commune. Où sont les arbres particulièrement remarquables, où a lieu la majorité des accidents de la route, quelles infrastructures sont protégées, autant d’informations désormais réunies au sein d’un seul et unique outil: Carto-Ouest.
Derrière lui, ce sont huit communes de l’Ouest lausannois qui ont décidé de rassembler leurs portails individuels pour en créer un seul et unique. Aujourd’hui, Carto-Ouest rassemble donc en une seule interface des données issues de l’ensemble du district, et qui sont alimentées par les communes de manière indépendante. Et c’est à Écublens que tout a commencé. «En voyant la diversité des plateformes de système d’information du territoire (SIT), nous avons approché le bureau de stratégie et développement de l’Ouest lausannois (SDOL) pour qu’il chapeaute l’initiative, se souvient le municipal Germain Schaffner. Nous sommes un district très urbanisé, avec huit communes importantes. Beaucoup de projets deviennent des projets intercommunaux, et l’avantage d’un celui-ci est d’offrir une vision identique du territoire.»
Étienne Brajon, responsable du SIT à Écublens, ajoute: «Tous les futurs projets intercommunaux seront facilités. Si on regarde l’écoulement des eaux par exemple, qui s’affiche dans toutes les communes, on voit à quel point les communes sont raccordées.»
Avant la carte, les silos
Il y avait certes déjà Swisstopo, le géoportail fédéral, et son petit frère vaudois, qui recensaient les données gérées par les administrations étatiques, et seulement celles-ci. Sept des communes de l’Ouest lausannois partageaient déjà leurs données, sur des plateformes diverses et variées. Résultat: des informations fragmentées, difficiles à croiser.
L’outil «geocommunes», déjà existant, a donc été adapté à la région par le bureau de géomatique HKD à Nyon. «Il y a eu quelques challenges techniques, comme rassembler toutes les informations dans une seule base, explique le géomaticien Gérard Sollberger. Mais le plus gros défi a été plutôt psychologique. Avant, chacun faisait comme il voulait, et il a fallu que tout le monde se mette d’accord sur des décisions comme les couleurs d’affichage, par exemple. Le gros de mon travail a été de proposer un plateau commun aux communes, en leur demandant de se mettre d’accord.»
«Il y a eu un échange très constructif, complète le municipal écublanais. On partage des idées, on échange les données qu’on a déjà, et tout le monde est gagnant.»
Penser le futur, ensemble
Si la majorité des informations sont destinées à des promoteurs, architectes ou urbanistes, le grand public peut également utiliser l’outil.
«Au début des géoportails, les informations étaient très techniques, admet Gérard Sollberger. Aujourd’hui, on aimerait étendre le partage d’informations au maximum, comme par exemple avec les emplacements des points d’intérêts. Vous voulez faire un beach volley ou griller votre viande sur un barbecue communal? Les lieux sont indiqués dans le portail.» Aujourd’hui, le partage des informations géographiques est régi par la loi sur la géoinformation. Certaines sont donc obligatoires, mais pas toutes, ce qui explique encore la disparité de certaines informations entre les huit communes.
Même si l’objectif final est que les huit territoires disposent des mêmes données, cela dépendra néanmoins des moyens dont chacun dispose. «C’est compliqué pour des communes comme Saint-Sulpice et Villars-Sainte-Croix d’avoir du temps et des services techniques suffisants», explique Étienne Brajon.
Dans un territoire en pleine mutation, où chaque décision compte, cette carte partagée agit comme une véritable boussole collective. Et ceux qui la consultent au quotidien le savent: elle ne se contente pas de représenter le territoire. Elle participe également à le construire.