Chaque semaine durant tout l'été, Lausanne Cités vous raconte les secrets d'une rue lausannoise. Si vous habitiez le quartier de Bellevaux en 1971, vous avez peut-être assisté à l’inauguration de l'avenue d'Aoste, restée plus d’une dizaine d’années sans nom. Le syndic d’Aoste était même de la partie.
Cette petite avenue, longue d’environ 120 mètres, relie la route Aloys-Fauquez et la route du Pavement, à côté du restaurant de la Forêt, au-dessous du Bois de Sauvabelin. Sa construction en 1958 permet de terminer l’encadrement de l’ensemble remarquable de trois grands immeubles locatifs construit dans les années 50. Si vous habitiez le quartier de Bellevaux en 1971, vous avez peut-être assisté à l’inauguration de cette rue, restée plus d’une dizaine d’années sans nom. Et peut-être gardez-vous le souvenir que la délégation d’Aoste n’était guère contente que ce soit cette petite rue qui honore sa ville.
Nombreux invités
C’est devant les immeubles locatifs, que de nombreux invités sont venus assister à la cérémonie présidée par le syndic de Lausanne, Georges-André Chevallaz, ce mardi 17 août à 17h. Les autorités lausannoises et les responsables de l’administration sont présents, mais aussi des représentants des associations de Valdotains en Suisse, le Consul d’Italie, le secrétaire de la société du Tunnel du Grand-Saint-Bernard… et bien évidemment une délégation de la Ville d’Aoste, conduite par son syndic Oreste Marcoz, qui avait été invitée à Lausanne pour la journée, avec repas de midi à La Voile d’Or à Vidy, tour de ville puis repas du soir au Chalet Suisse du Signal, avec viande séchée et raclette!
Il ne semble pas que les Archives de la Ville disposent du contenu des discours, qui étaient parfois enregistrés, mais la presse en rend compte le lendemain. La Gazette de Lausanne rappelle qu’«après Milan et Boston, c’est la petite ville italienne d’Aoste qui a donné son nom à une rue lausannoise», puis donne quelques éléments des discours des syndics. Pour le lausannois Georges-André Chevallaz, le rappel des liens historiques, déjà à l’époque romaine, qui réunissent les deux villes. Et l’évocation de l’amitié et des échanges qui sont possibles à des communes, indépendamment des frontières nationales.
L’avenue d’Aoste est un symbole de cette amitié. Le syndic d’Aoste aurait «chanté les louanges de la capitale vaudoise avec emphase et poésie» puis «rappelé la part que les deux villes ont prise à la réalisation de ce trait d’union entre l’Italie et la Suisse, qui est le tunnel du Simplon (sic)». Tout laisse penser ici à une erreur du journaliste: il s’agissait évidemment du tunnel routier du Grand Saint-Bernard, ouvert en 1964, juste avant le Tunnel du Mont-Blanc, réalisé avec d’importants investissements du Canton de Vaud et de Lausanne, et qui joua un rôle important dans le décloisonnement de la Vallée d’Aoste, surtout dans la période hivernale où les cols sont fermés. La Feuille d’Avis de Lausanne (qui deviendra 24heures), retiendra cette phrase du discours du syndic d’Aoste, qui rejoint le souvenir de certains habitants: «Y avait-il du dépit dans la voix de M. Marcoz lorsqu’il fit remarquer que "sa" rue de Lausanne passait devant le palais du gouvernement provincial et n’était pas perdue dans une lointaine banlieue?».
Doux souvenir
Rassurez-vous, les lettres de remerciements valdotaines, conservées aux Archives de la Ville de Lausanne, sont très positives: «Nous avons été très enthousiastes de la cérémonie émouvante, fraternelle, de l’inauguration et de la visite de la Ville, qui restera un doux souvenir»!