MUNICIPALES 2026 • Ingénieur civil et lausannois d’adoption, Radu Ionescu est un candidat indépendant. Il revendique le bon sens et souhaite un retour à la confiance entre la Municipalité et ses administrés.
Né en Roumanie, Radu Ionescu est arrivé à Lausanne en 1983 à l’âge de 21 ans, emportant avec lui l’expérience d’un exil qui a profondément forgé sa vision du monde. De cette période, il conserve une conscience aiguë de la liberté d’expression et de la responsabilité vis-à-vis de la société.
Il quitte son pays natal à cause du régime répressif de Nicolae Ceausescu, et cette expérience laisse en lui une aversion durable pour toute forme de dogme ou d’idéologie politique: «Dans l’idée même de parti, il y a un sous-entendu de “partition”. On ne peut pas voir la globalité de la problématique et répondre à l’intérêt général si l’on est dans un parti, car forcément, l’idéologie du parti finit par prendre le dessus.»
Le bon sens du bâtisseur
C’est donc au début des années 80 que, dans la capitale vaudoise, Radu Ionescu s’inscrit à l’EPFL pour poursuivre des études en génie civil. Très vite, il doit travailler pour subvenir à ses besoins et financer ses études, apprenant ainsi à conjuguer rigueur académique et contraintes matérielles. C’est également à Lausanne qu’il rencontre celle qui deviendra son épouse et la mère de ses deux fils, aujourd’hui trentenaires. «Depuis quarante ans, j’ai toujours payé mes impôts sur Vaud», glisse-t-il, revendiquant un ancrage sans faille. «J’ai quasiment toujours habité Lausanne, même si pendant dix ans j’ai été “frontalier à Pully”.» Ingénieur civil de formation, Radu Ionescu a exercé tous les métiers de la construction, du bureau d’études à l’entreprise générale, du conseil aux maîtres d’ouvrage au pilotage de projets en Suisse et à l’international. À Lausanne, il a participé à des réalisations emblématiques, comme le parking et les aménagements extérieurs de la place de la Navigation, ainsi que ceux du Palais de Beaulieu. Depuis une douzaine d’années, il intervient comme expert dans des arbitrages internationaux, mettant à profit son savoir-faire et sa rigueur technique. Il revendique un goût prononcé pour le travail bien fait, guidé par pragmatisme et précision: «Tu le fais bien, sinon tu ne le fais pas», assène-t-il, souhaitant que ce principe soit aussi appliqué en politique.
Loin des partis, Radu Ionescu revendique une indépendance farouche. Sa vocation politique n’est pas celle d’un homme d’appareil au service d’un parti, mais celle d’être au service de ses concitoyens. Longtemps intéressé par la chose publique, il franchit le pas tardivement.
Ses fils sont désormais autonomes, ses mandats professionnels arrivent à terme, et le moment lui semble venu pour s’engager pour le bien de la communauté: «Ma seule idéologie, c’est l’idéologie du citoyen. Qu’est-ce qui est bon pour le citoyen? J’ai conscience des réalités des Lausannoises et Lausannois, et je n’ai pas besoin de politiser les enjeux pour proposer des solutions basées sur le bon sens et le pragmatisme.»
Exemple? Pour arrêter le sempiternel débat sur le 30 km/h et le 50 km/h en ville, Radu Ionescu n’y va pas par quatre chemins et propose une limitation générale à 40 km/h partout, tout le temps, en agglomération. Refusant la «polarisation», il ne se dit «ni de gauche ni de droite, mais de Lausanne».
La belle et la dette
Son fil rouge: l’intérêt de la communauté et le désendettement de la Ville, qu’il estime excessif, «Lausanne est une ville magnifique, pleine de possibilités, mais aussi une des métropoles les plus endettées de Suisse. Il faut régler cette situation au plus vite par une meilleure gestion. Savez-vous combien gagne chacun des sept membres de la Municipalité? 260’000 francs par an, soit quasiment 22’000 francs par mois! Il n’y a rien qui vous choque?». Ce n’est pas facile d’être un candidat indépendant, dépourvu des moyens et de la force de frappe des grands partis.
Alors Radu Ionescu mouille la chemise: il multiplie les rencontres dans les maisons de quartier, bat le pavé à Saint-Laurent «à l’écart des stands des partis pour bien montrer que je n’en suis pas un», précise-t-il, et investit massivement les réseaux sociaux, où ses vidéos rencontrent un large écho. L’outsider est convaincu que beaucoup de Lausannois ne se retrouvent plus dans le discours des partis traditionnels, il souhaite dépasser le clivage gauche-droite pour redonner à la population le sentiment d’être écoutée et de pouvoir retrouver un vrai bien-vivre à Lausanne. Pour Radu Ionescu, l’engagement politique se conjugue avec l’écoute, la transparence et le pragmatisme. Son parcours, de la Roumanie à Lausanne, du bureau d’études aux arbitrages internationaux, illustre cette capacité à transformer l’expérience personnelle en service concret pour la collectivité.