PRÉCARITÉ • Suspend’Us, association vaudoise, recherche des financements pour une Suisse romande plus solidaire. Son action s'inspire du célèbre «caffè sospeso» né en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Fleurir une tombe, se faire couper les cheveux, offrir un livre: des gestes simples, pas indispensables à la vie, mais qui lui donnent son petit grain de sel. L’association vaudoise Suspend’Us s’attache justement à «épicer» le quotidien des personnes en situation de précarité financière. Inspirée du «caffè sospeso» né en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été fondée il y a cinq ans par Clémence Oriol.
Depuis, l’offre a été élargie à d’autres produits et services. Grâce à 170 commerces partenaires, les bénéficiaires peuvent accéder à de la nourriture, des lunettes, des soins dentaires ou encore des shampoings. Il leur suffit de posséder une carte Caritas, principal partenaire social de Suspend’Us. «Aujourd’hui, la précarité en Suisse concerne plus de 700’000 personnes, note Sandrine Gervais, directrice de l’association. L’avantage de ce système, c’est que les gens n’ont pas besoin de faire l’aumône.»
Encourager la solidarité
C’est via une plateforme digitale que commerçants et consommateurs se rencontrent. «En tapant leur code postal, les bénéficiaires voient la liste des commerçants partenaires chez qui ils peuvent aller chercher quelque chose. On voit même combien d’argent il reste dans la cagnotte de chaque commerçant. Quant aux donateurs, ils peuvent faire un don directement chez le commerçant ou sur le site de l’association.»
Redistribué de manière égale, l’argent de l’association vient garnir les cagnottes. «L’alimentation, c’est primordial, admet Sandrine Gervais. Mais quand vous avez des enfants qui sont invités à un anniversaire, et qu’ils ne peuvent pas acheter un petit cadeau à leur copain, où quand vous êtes en recherche d’emploi et que vous n’avez pas les moyens d’aller chez le coiffeur, c’est problématique. Il y a aussi cette dame, qui a perdu son mari il y a cinq ans et qui n’a pas pu une seule fois aller fleurir sa tombe.» Dorénavant, l’association d’une dizaine de bénévoles rêve de s’agrandir et de s’implanter dans de nouveaux cantons. «Plus on aura de budget, plus on pourra accueillir de commerçants.» Concerts et autres événements sont régulièrement organisés pour augmenter leur visibilité, et encourager la solidarité.