Les agressions sexuelles provoquent des dégâts durables

Rédigé par
Virginie Gardini
Société

SANTÉ - Selon une étude menée par le CHUV et les Hôpitaux Universitaires de Genève, les conséquences d’une agression sexuelle perdurent pour la majorité des personnes bien au-delà de la phase aiguë, avec des troubles psychiques, somatiques et sexuels.

Coordonnée par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) en collaboration avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), l’Hôpital du Valais et cinq hôpitaux publics vaudois, cette étude offre une vision sans précédent des conséquences des agressions sexuelles en Suisse romande.

Sur 623 constats d’agression sexuelle effectués par les hôpitaux participants entre novembre 2022 et décembre 2024, 454 répondaient aux critères d’inclusion. Parmi eux, 178 (39%) ont accepté de participer à l’étude qui a introduit pour la première fois un suivi systématique à 3 et 12 mois, une avancée méthodologique majeure dans le paysage suisse. 

Résultats clairs

Les résultats sans sans équivoque : une agression sexuelle représente un traumatisme psychologique durable. Un an après l’événement, près de six personnes sur dix (57 %) présentent une anxiété significative, sept sur dix (71%) souffrent de dépression et près de sept sur dix (68%) présentent un trouble de stress post-traumatique probable. L’agression a en outre un impact majeur sur la vie intime. Parmi les personnes sexuellement actives, plus de six sur dix (63 %) rapportent une dysfonction sexuelle après un an avec des troubles du désir, de l’excitation et de l’orgasme.

Enfin, un an après l’agression, des symptômes physiques, tels que douleurs chroniques, troubles gastro-intestinaux, troubles du sommeil, fatigue persistante ou migraines, continuent d’impacter plus de la moitié des personnes suivies.

Traumatisme durable

« Ces données montrent que l’agression sexuelle constitue un traumatisme important et durable, largement sous-estimé jusqu’ici faute d’études longitudinales, estime la Pre Jasmine Abdulcadir, médecin adjointe agrégée, responsable de l’unité des urgences de gynécologie et d’obstétrique des HUG et investigatrice principale de l’étude. Elles appellent à l’action, car l’agression sexuelle s’affirme comme un événement aux conséquences multiples, profondes et durables, qui nécessitent une prévention et un suivi coordonné au long cours ».

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