COURTOISE • Durant des décennies, le Service des Parcs et domaines a procédé à bien plaire, à l’élagage des branches débordant sur les installations du tennis club de Boisy. Il refuse désormais de le faire.
Pendant de très longues années, tout s’est bien passé et pour la satisfaction de tous. Situé au nord de Lausanne, en bordure de la forêt de la Vallombreuse et juste en dessous de l’église catholique du Saint-Esprit qui possède la parcelle sur laquelle il se situe, le tennis club de Boisy est un vieux club associatif – il a été fondé en 1955! -, géré par des bénévoles et fort de deux courts qui accueillent près de 120 membres dont une quarantaine de juniors. Et depuis de très longues années, la Ville de Lausanne consentait, à bien plaire, à l’entretien des arbres bordant le club ainsi que la végétation située le long du grillage qui le sépare de la forêt avoisinante. Mais ça c’était avant. Depuis 2025, la Ville a renoncé à offrir cette prestation, au grand dam des responsables du club. «C’est bien dommage, déplore Fabrice Pellaz, un des membres du comité. Depuis que l’on existe, on a toujours fait appel aux services de la Ville, et 15 jours après leurs équipes venaient élaguer et sécuriser et les lieux. Or depuis 2025, on nous oppose des réponses négatives».
Sécurité en jeu?
Et d’ajouter: «Le problème c’est que désormais plusieurs branches dépassent largement le grillage et arrivent au-dessus des courts de tennis, ce qui gêne la pratique. Plus préoccupant encore, cette situation représente un réel risque pour la sécurité. Dans les années 90, un arbre était d’ailleurs déjà tombé sur nos installations».
Loi très claire
La loi est pourtant claire. La responsabilité de l’entretien et de la sécurisation des courts et des installations du tennis club incombe en premier lieu au propriétaire ou à l’exploitant de ces infrastructures privées, soit le club lui-même soit le propriétaire de la parcelle, en l’occurrence la paroisse du Saint-Esprit, qui contactée par téléphone n’a pas souhaité s’exprimer. «Nous ne sommes pas un club riche, déplore Fabrice Pellaz et cet entretien nous coûterait bien trop cher, alors que la Ville a toujours parlé de soutenir le sport associatif. Quant à la paroisse, on sait qu’elle a des moyens très limités». Contacté par Lausanne Cités, le Service des Parcs et domaines de la Ville, n’explique pas pourquoi il a renoncé à cette prestation à bien plaire. En revanche, il a bien effectué une visite du site à la suite d’une demande formulée en 2026 concernant des branchages ayant traversé le grillage. «L’analyse n’a pas mis en évidence de situation présentant un danger pour les utilisateurs du site, explique-t-il. Quelques branches dépassent légèrement depuis la lisière forestière. Le Service a donné son accord pour que le propriétaire procède à un élagage conformément à la loi forestière. Cette dernière, tout comme la jurisprudence, est claire, c’est au propriétaire voisin de la forêt de prendre en charge financièrement ce type d’élagage».