Un Lausannois déjoue une arnaque à l’emploi

Rédigé par
Fabio Bonavita
Lausanne

ESCROQUERIE • Contacté via LinkedIn pour un prestigieux poste de directeur de la communication, un Lausannois de 40 ans a d’abord cru à une opportunité en or. Jusqu’à ce qu’il remarque une anomalie dans l’adresse e-mail de son interlocutrice...

La proposition avait tout pour séduire. Un Lausannois d’une quarantaine d’années, actif dans les médias et la communication, reçoit sur LinkedIn un message d’une femme se présentant comme une responsable d’un prestigieux cabinet international de recrutement. Elle affirme mener une recherche confidentielle pour un poste de directeur de la communication en Suisse. Le message est personnalisé et particulièrement bien ficelé. Le parcours professionnel du candidat est évoqué et ses compétences présentées comme correspondant au profil recherché. «Votre expérience dans le leadership éditorial et les médias a particulièrement retenu notre attention», écrit la prétendue recruteuse. Elle propose alors «un bref échange» afin de présenter les grandes lignes du mandat.
Rémunération pharaonique
L’échange se poursuit par courriel. Le poste est présenté comme une fonction stratégique, avec un rattachement au CEO et au conseil d’administration. Stratégie de communication, management, développement de la marque et coordination des équipes figurent parmi les responsabilités. La rémunération annoncée achève de rendre l’offre séduisante: entre 650’000 et 900’000 francs par an, avec des bonus liés aux performances et une éventuelle participation au capital. Le candidat répond favorablement. Puis vient la demande qui semble la plus banale au monde dans un processus de recrutement: «Pourriez-vous me transmettre votre CV le plus récent?» La recruteuse explique vouloir procéder à une «analyse approfondie de l’adéquation du profil» avant de poursuivre le processus. Mais le Lausannois décide alors de vérifier l’adresse électronique de son interlocutrice. Et découvre une anomalie: le nom de domaine ressemble presque parfaitement à celui du véritable cabinet, mais une seule lettre diffère.
Silence radio
Un détail minuscule, mais suffisamment suspect pour interrompre le processus. Plutôt que d’envoyer son CV, il signale à son interlocutrice que son adresse électronique lui paraît étrange et ne correspond pas exactement à celle du cabinet officiel. «Quand j’ai signalé que l’adresse me paraissait suspecte, je n’ai plus jamais eu de réponse, précise le Lausannois. C’est ce silence qui m’a définitivement convaincu que quelque chose n’allait pas.»
Difficile de savoir ce qui aurait suivi si le CV avait été transmis. Mais la méthode est bien connue. Dans ce type d’arnaque, les fraudeurs cherchent généralement à obtenir progressivement davantage d’informations: coordonnées personnelles, références professionnelles, voire données bancaires. Certaines escroqueries vont jusqu’à réclamer des frais pour une formation, du matériel ou des démarches administratives. La technique est suffisamment répandue pour avoir fait l’objet d’une alerte de l’Office fédéral de la cybersécurité. En juin dernier, celui-ci signalait une recrudescence des attaques visant les candidats à l’emploi. Parmi les cas recensés figurait précisément celui d’un faux recruteur contactant sa victime sur LinkedIn. 

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