Sur instagram, un compte satirique brocarde Valérie Dittli

Rédigé par
Propos recueillis par Charaf Abdessemed
Vaud

Né d’un simple groupe WhatsApp où quelques amis échangeaient mèmes et montages autour de l’actualité de Valérie Dittli, le compte satirique Dittli.Raus s’est rapidement transformé en véritable phénomène sur les réseaux sociaux. Lancé le 19 août, le compte revendique un ton résolument humoristique et une ligne volontairement « apolitique, seulement anti-Dittli ». Lausanne Cités a interviewé ses animateurs par email, tant ils tiennent absolument à conserver leur anonymat.

Lausanne Cités: Pourquoi avez-vous décidé de lancer le compte Dittli Raus ?
Au départ, on s’envoyait simplement sur un groupe Whatsapp quelques mèmes et montages sur Valérie Dittli pour commenter les articles et rapports qui sortaient sur elle. Le déclic est venu à la mi-août, lorsqu’elle a expliqué être au service de son parti tout en envisageant de partir en indépendante s’il ne la soutenait pas. On s’est dit qu’une conception de la démocratie aussi particulière méritait mieux qu’un groupe WhatsApp. Nous avons ouvert le compte Dittli Raus et nous avons publié notre premier post le 19 août.

Pourquoi avoir choisi le mode satirique ?
Parce qu’avec la satire, on peut se permettre d’aller un peu plus loin qu’avec des publications plus sérieuses : on peut grossir le trait, faire de l’absurde pour montrer ce qui nous parait grotesque ou problématique. Et puis les personnalités politiques qui ont une très haute opinion d’elles-mêmes détestent qu’on se moque d’elles. Raison de plus pour nous de le faire.

Qu’en attendez-vous au juste?
Le titre de notre compte « Dittli.Raus » dit assez clairement ce que nous aimerions dans l’absolu. Vus toutes ces affaires, rapports, polémiques, plaintes, nous estimons que son départ volontaire de la politique serait bienvenu (sans rente à vie !). Mais ça reste un compte pour nous moquer de Valérie Dittli et de ses soutiens. Notre seule vraie ambition, c’est de mettre les rieurs de notre côté en commentant les épisodes de la telenovela Dittli « Amour, Gloire et Audits ».

Sans dévoiler vos identités, combien êtres vous et qui êtes-vous ? Des politiciens, des militants de son parti, de simples citoyens ?
Nous sommes un petit collectif de personnes de générations et de milieux assez différents, de gens issus des métiers de l’Art, des médias ou des lettres au sens large. Nous avons des sensibilités et des engagements politiques ou associatifs très variés. On est un peu une arche de Noé d’animaux rescapés du déluge Dittli. Mais par contre notre compte se veut apolitique, seulement anti-Dittli. Notre ligne est simple : faire rire et critiquer, sans qu’une bonne blague aboutisse à un courrier d’avocat.

Comment concevez-vous vos posts, souvent très drôles ?
L’actualité assez improbable de Mme Dittli fait déjà une bonne partie du travail ! Les idées viennent ensuite de nos discussions et d’une manière un peu décalée de regarder l’actualité internationale, des films ou des tableaux en nous disant « mais tiens ça ferait un bon angle pour parler de la dernière de Valérie ».  Par exemple, Trump renomme le golfe du Mexique ? Valérie renommera le Léman en « Lac de la Grande Dittli ». L’un de nous a vu un livre sur Louis XIV et voilà que nous publions plus tard un portrait de Valérie en Roi-Soleil avec la devise : « Le Parti, c’est moi. » 

Vous avez déjà 223 followers. Vous attendiez vous à un tel succès ? Avez-vous des retours de la part du public?
On ne s’attendait pas vraiment à ce que ça aille si vite. Surtout qu’environ 70 % de nos vues viennent de personnes qui ne nous suivent pas. Les publications sont beaucoup transférées et les retours que nous avons sont très majoritairement positifs. On s’est aussi rendu compte que nos contenus circulent dans les milieux politiques vaudois, et apparemment jusqu’à Berne. Beaucoup semblent connaître le compte, mais les élus sont nettement moins nombreux à oser s’abonner ou mettre un « like » bien visible. Mais on aime l’idée que nos posts seraient devenus une sorte de samizdat vaudois qu’on se passe discrètement sous le manteau.

Comment voyez-vous la suite de ce compte avec les derniers développements et le fait que Valérie Dittli sera bel et bien candidate ?
Pour notre compte, les derniers développements nous offrent de jolies perspectives pour les prochains mois. Voir quelqu’un dynamiter sa propre carrière politique en direct, c’est assez exceptionnel. Recréer ensuite un parti sur un coin de table et repartir seule à l’assaut du Conseil d’État avec plus de casseroles que dans Top Chef… À ce stade, la réalité dépasse la satire. Et quand on voit les débuts du Mouvement libéral sur les réseaux, on se demande parfois s’ils n’ont pas décidé de faire le boulot à notre place. C’est très drôle pour nous. Beaucoup moins pour le canton.

Enfin pourquoi tenez-vous à conserver l’anonymat ?
D’abord par prudence. Tout le monde ne partage pas notre point de vue et si nous pouvons nous éviter de nous exposer directement aux foudres de Mme Dittli ou de ses plus fervents partisans… Et surtout, ce compte n’est pas là pour nous mettre en avant. Le personnage principal, c’est déjà suffisamment Valérie. Notre but reste de participer au débat par le rire.

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