Face à la canicule, 
les écoles s’adaptent

Rédigé par
Charaf Abdessemed
Société

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE • Les directives cantonales donnent aux responsables des écoles une large latitude pour décider d’une modification des horaires ou d’une mise en congé des élèves lors des fortes chaleurs. La Ville de Lausanne quant à elle, adapte dans la foulée l’accueil des élèves en parascolaire.

De mémoire d’humain on n’avait jamais vu, ni ressenti ça. L’été 2026 a été chaud, très chaud, et pour la première fois, des épisodes de canicule ont eu lieu durant la période scolaire, dès le mois de juin. Avec de véritables risques en termes de santé pour tous les enfants accueillis dans les établissements scolaires ou parascolaires de Lausanne et de tout le canton.  Ainsi, en juin dernier, 27 établissements vaudois ont dû procéder à des mises en congé forcées de leurs élèves afin de les protéger de la chaleur extrême. 
«Les dernières semaines d’école de cette année scolaire 2026 ont été marquées par de très fortes chaleurs. La température dans les classes, dans les cours d’école, les APEMS et garderies ont été difficiles à tenir pour l’ensemble du personnel éducatif et les enfants», s’inquiète la conseillère communale socialiste Virginie Zürcher, qui vient de déposer une motion demandant à la Municipalité d’étudier toutes les possibilités afin d’adapter les horaires et le calendrier scolaire et parascolaire. «Je sais que des directives cantonales existent mais mon souhait est d’obtenir de la Ville une clarification des attitudes à adopter en cas de canicule d’autant que la question des horaires est une des réponses au réchauffement climatique que l’on peut apporter à court terme». 
Compétence cantonale
Reste que la Ville ne dispose que d’une très faible marge de manœuvre en ce domaine, celui-ci relevant effectivement d’une compétence cantonale. «Les horaires scolaires sont fixés par le Canton, la Ville n’a pas la compétence de les modifier, explique Xavier Roth le nouveau municipal en charge de l’enfance et de la jeunesse. Il appartiendrait au Canton de déterminer si une adaptation de ce type doit être envisagée et la Ville se tient à disposition pour en discuter le cas échéant. Enfin, en ce qui concerne l’accueil parascolaire, dont les horaires dépendent étroitement de ceux de l’école, les équipes adaptent déjà, au quotidien et selon les conditions météo, les activités proposées».
Du côté du Canton, on a fait le choix d’un dispositif souple peu centralisé, en laissant une large marge de manœuvre à chaque établissement scolaire, sur la base de mesures préventives ou réactives précisées dans deux guides mis à disposition par les Directions générales de l’enseignement obligatoire et postobligatoire dès 2024.  En clair et dans le cadre fixé par le Canton, ce sont les directeurs d’établissement qui ont la latitude de modifier ponctuellement l’organisation scolaire ou de libérer leurs élèves en cas de forte chaleur. 
Grandes disparités
«Le Canton de Vaud est vaste avec de grandes disparités géographiques et d’établissements. Certains sont anciens mais résistent bien à la chaleur alors que d’autres plus récents résistent moins bien (…). On ne peut donc pas dire d’un coup: "Les vendredis après-midi, on ferme toutes les classes", alors que dans certains endroits, il est tout à fait possible de suivre l’enseignement, a ainsi expliqué le conseiller d’État en charge de la formation, Frédéric Borloz lors de la conférence de presse de rentrée le 12 août dernier. C’est la raison pour laquelle nous laissons les directeurs d'établissement décider en fonction des situations de leurs classes, le tout sur la base de critères clairs que nous leur avons transmis».
À court terme, deux autres actions sont en outre à l’étude: la mise en place de ventilateurs au plafond dans les classes – une solution «simple et peu coûteuse» -, et une cartographie des températures dans les divers établissements du canton afin d’identifier les zones à risques et faire évoluer, en cas de besoin, les recommandations actuelles. 

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