AMÉNAGEMENT • Alors que 10 des 14 places de parc de la rue Edward-Gibbon seront supprimées, une centaine de riverains ont signé une pétition de protestation, estimant que la situation atteint un «point critique».
Un vrai ras-le-bol. C’est ce qu’expriment certains riverains de la rue Edward-Gibbon. Au point que l’un d’entre eux n’a pas hésité à lancer une pétition, déjà signée par plus d’une centaine de personnes.
L’objet de leur colère? L’annonce de la suppression de 10 places de parc sur les 14 que comporte leur rue. «Pour de nombreux riverains, ces places représentaient une bouée de sauvetage dans un quartier où l’offre de stationnement est déjà notoirement insuffisante, peut-on ainsi lire dans le texte de la pétition (…). Leur suppression aggraverait considérablement le problème, impactant la qualité de vie des habitants et leur mobilité».
«Il n’y a aucune raison de supprimer ces places et encore moins au profit d’un aménagement arborisé dont la rue n’a pas vraiment besoin, puisqu’elle dispose déjà largement de zones d’ombre pour l’été, commente encore David Viollier, à l’origine de cette pétition. Ces places, seuls les riverains les utilisent et la situation atteint aujourd’hui un point critique, alors que dans notre quartier (rues du midi, Beau-Séjour, Edward-Gibbon, etc.), plus de 50% des places ont disparu depuis 2021».
Suppressions nécessaires
Contactée, la Municipalité explique que les suppressions de places dans cette artère peu fréquentée sont nécessaires afin d’assurer un gabarit de passage suffisant pour les poids lourds, en particulier les pompiers et les véhicules destinés à assurer le ramassage des ordures. «Actuellement, la présence de stationnement des deux côtés de la voirie relativement étroite augmente le risque de voir un véhicule déborder de la case et occasionner des difficultés pour le service du ramassage des ordures ménagères, voire une situation dangereuse dans le cas d’une intervention d’urgence, observe la municipale Florence Germond, en charge de la mobilité. L’intégration d’espaces végétalisés permettra en outre de limiter le risque de voir du stationnement sauvage».
Pas question pour la Ville de faire marche arrière, d’autant que selon elle, des alternatives de stationnement existent. «Il est important de rappeler que le secteur bénéficie d’un accès facilité à de nombreux parkings privés. De plus, il existe 1100 places privées pour 600 véhicules immatriculés dans la zone, explique la municipale. Ce n’est ainsi pas un problème de places de parc disponibles mais de souhaits de stationner en surface».
Suspension temporaire
Un argument qui ne convainc pas David Viollier. «Je m’inscris en faux pour ce qui est des places privées, rétorque-t-il. Elles ne sont pas faciles à obtenir car les régies préfèrent toujours les réserver à leurs locataires en premier lieu. Et puis, à 250 francs par mois la place privée, on ne peut pas dire que la Municipalité s’engage pour soutenir les plus modestes!» La Municipalité entend en revanche accéder à l’une des demandes les plus pressantes des pétitionnaires, à
savoir la suspension du chantier d’aménagement à la rue EdwardGibbon, au moins pour la durée nécessaire à la réalisation des travaux de raccordement au chauffage à distance, afin de limiter les désagréments pour les riverains.
«Les travaux de mise en place du chauffage à distance sont organisés par secteur de façon à garantir les accès et préserver des places de stationnement sur la voirie publique, répond Florence Germond. Cette organisation est naturellement tributaire de multiples facteurs techniques qui impactent fortement la vitesse de progression des travaux. Le nombre de places impactées va fluctuer et concernera principalement la rue du Midi, mais la demande des pétitionnaires est sensée et nous allons la mettre en œuvre».
Mesures «discutées» avec les riverains
La Ville défend son aptitude au dialogue avec les habitants du quartier Midi–Beau-Séjour, sujet à une transformation d’envergure. Elle a ainsi, à la faveur de négociations menées depuis plusieurs mois, renoncé à supprimer sept places de parking dans le périmètre, réorganisé les travaux et mis en pause le chantier jusqu’à l’automne prochain. «Toutes ces mesures ainsi que les explications sur le projet ont par ailleurs pu être discutées avec les habitantes et habitants du quartier à la mi-janvier, détaille Florence Germond. Un dialogue franc et constructif a pu avoir lieu en bonne intelligence. D’autres éléments du projet ont d’ailleurs été adaptés pour répondre aux demandes du quartier: maintien du sens de circulation sur la rue Charles-Monnard; maintien de l'accès à la rue Beau-Séjour depuis Georgette, réduction de la surface de pavage et suppression de la zone piétonne prévue entre l'avenue Georgette et la rue Charles-Monnard». Au final, le projet entraînera la suppression de 16 places de stationnement dans l’ensemble du quartier, 70 places resteront disponibles après le chantier.