Julien Nagel, la rue comme boussole politique

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Lausanne

MUNICIPALES 2026 • Militant précoce, Julien Nagel d’Ensemble à Gauche revendique une politique enracinée dans le réel et fidèle aux engagements pris:de l’entretien du bois de Sauvabelin aux services publics.

La conscience politique de Julien Nagel est née très tôt, comme une vocation citoyenne. C’était en 2003, lors de sa première participation à une manifestation. 
Tout juste âgé de 13 ans, il prend part au mouvement contre la guerre en Irak. Il se souvient: «C’était une manifestation importante, entre 10’000 et 15’000 personnes dans la rue, un rassemblement spontané sous l’impulsion des étudiants, comme il y en a eu à travers toute la Suisse à ce sujet. L’info était relayée jusque dans les écoles. Ça a duré toute la journée». 
Soigner la forêt et les gens
Cette expérience fondatrice, vécue alors qu’il est encore au collège, lui révèle la force de la rue et de l’action collective. Ce premier pas s’inscrit dans une sensibilité forgée autant par l’actualité internationale que par son environnement familial, très sensible à l’écologie. «Ma mère, mon grand-père, ont toujours été très proches de la nature», confie-t-il. Un attachement qui se cristallise aujourd’hui autour d’un combat emblématique, celui contre la pollution aux dioxines à Lausanne. 
La forêt de Sauvabelin, lieu de souvenirs d’enfance et de courses d’école, devient pour Julien Nagel le moteur d’une indignation citoyenne: «Chaque fois que je passe dans cette forêt, je me dis que c’est un des lieux les plus pollués de Suisse». Il dénonce un attentisme des autorités face à un enjeu sanitaire majeur, qu’il trouve inacceptable: «Il faut dépolluer maintenant et renouveler la campagne de prévention, c’est un enjeu de santé publique. Les enjeux financiers se régleront après». 
À la sortie du gymnase, Julien Nagel choisit la voie d’infirmier et se forme à la HESAV avec la volonté très concrète d’être utile. Rapidement pourtant, les stages en soins aigus au CHUV, puis le travail comme soignant à domicile et en EMS, le confrontent à la dure réalité du terrain. La surcharge, la pression constante, l’enchaînement des urgences laissent des traces profondes. «J’étais à la limite du burn-out en stage, alors que j’étais encore étudiant».
Cette immersion précoce dans les conditions de travail des soignants agit comme un révélateur. Défendre les services publics ne relève plus d’un slogan abstrait: c’est une exigence née du vécu. 
L’austérité, les économies sur le dos du personnel, l’épuisement des ressources humaines, au même titre que celui des ressources naturelles, lui apparaissent comme autant d’injustices structurelles contre lesquelles il faut lutter.
Lutter, toujours
La vision politique de Julien Nagel refuse de séparer la rue des institutions. Membre de solidaritéS depuis ses 18 ans, il revendique un lien constant entre mouvements sociaux et parlements. Selon lui, les avancées sociales naissent rarement dans les bureaux des partis ou des institutions: elles émergent des mobilisations populaires, que la politique institutionnelle doit ensuite relayer. 
À Lausanne, il cite des exemples concrets, comme la création de l’espace de consommation sécurisée, la vente contrôlée de cannabis, ou encore la mise à l’agenda politique des enjeux liés aux violences policières et au racisme systémique.
Lausannois de naissance, Julien Nagel vit aujourd’hui à Ouchy, le long de la ligne de métro, tout en restant attaché au centre-ville où il a grandi, près de la piscine de Mon-Repos et du collège de Béthusy.  Il rappelle que le quartier Sous-Gare n’est pas le sanctuaire bourgeois que l’on imagine parfois, mais offre aussi une véritable mixité sociale.
Jeune père de deux enfants, il  manifeste moins qu’avant, mais sans rien céder sur le fond. «J’ai toujours les mêmes convictions politiques, même si je descends moins dans la rue, en lien avec mon rôle de père». Ainsi, la question du compromis constitue une ligne de fracture claire. Longtemps, on lui a prédit qu’avec l’âge, un emploi stable et une vie de famille, ses positions s’adouciraient. «Ce n’est pas par le compromis qu’on change les choses». 
Discussion sous conditions
Dans l’éventualité d’un accès à l’exécutif communal, Julien Nagel se montre ouvert à la discussion, mais sous des conditions strictes. Pour lui, la collégialité n’a de sens que si elle permet de concrétiser de véritables avancées pour la population. Si ce n’est pas le cas, il n’hésite pas à envisager la rupture de collégialité, voire la démission, plutôt que de céder à des compromis qu’il jugerait stériles. 
Plus qu’une simple ambition personnelle, Julien Nagel défend un projet porté par un groupe. «Ce qui m’importe, ce n’est pas d’être élu en tant que personne, mais de faire une campagne collective, sur la base d’un projet commun, dans lequel nous souhaitons défendre les besoins du plus grand nombre et relayer les revendications des mouvements sociaux». 

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