VIE CITOYENNE • Élu en juillet dernier, le président du Conseil communal Musa Kamenica organise chaque samedi, avec un plaisir évident, une visite du plus haut lieu de la vie politique communale.
Depuis le mois d’octobre dernier, elles sont au total près de 300! 300 personnes venues visiter l’Hôtel de Ville de Lausanne et écouter le président du Conseil communal, Musa Kamenica, leur décrire l’histoire de ce haut lieu de la vie politique lausannoise.
«C’est une des initiatives que j’ai prises depuis que j’ai été élu à la présidence du Conseil , le 1er juillet dernier, explique Musa Kamenica. Pour moi, il était important d’ouvrir les portes de l’Hôtel de Ville aux Lausannois qui le connaissent très mal ou à peine, juste à travers la salle des mariages. Et puis, c’est aussi très important du point de vue de la citoyenneté, car c’est aussi l’occasion d’expliquer le fonctionnement de nos institutions et de notre vie politique».
Et d’ajouter: «Quand on voit le taux d’abstention chez nous, alors que de nombreux pays sont en guerre pour justement avoir le droit de s’exprimer librement, on se dit que l’enjeu est vraiment très important».
Invitations lancées
Dès la fin de l’été 2025, le secrétariat du Conseil communal a ainsi fait parvenir des invitations officielles aux associations et institutions publiques de la commune pour leur proposer de s’inscrire aux visites organisées chaque samedi de 10 heures à midi.
Et le succès est au rendez-vous, puisque d’ores et déjà, de nombreuses dates sont complètes d’ici le mois de mai prochain. Quant aux organisations qui n’auraient pas été encore contactées, elles peuvent directement prendre contact avec le secrétariat afin d’organiser leur propre visite.
«Ce qui me touche beaucoup, note le président, c’est que les gens qui viennent posent beaucoup de questions, et se montrent volontiers admiratifs du lieu, mais aussi de ce qui s’y déroule. Et j’en suis très heureux, car c’est aussi une manière de rendre hommage à l’engagement des conseillers communaux, dont beaucoup de gens pensent à tort, qu’ils sont rémunérés».
Suisses et étrangers
Évidemment, l’exercice a quelque chose de savoureux pour ce président issu de la migration, arrivé du Kosovo il y a une trentaine d’années comme requérant d’asile et depuis, licencié en sciences politiques de l’université de Lausanne, diplômé en études européennes à Genève, et bien sûr naturalisé suisse.
«C’est sûr que pour moi à titre personnel, c’est une belle expérience au vu de mon parcours, conclut l’élu. Mais c’est surtout important pour ceux qui viennent ici, qu’il s’agisse des personnes d’origine étrangère à qui c’est l’occasion de rendre accessibles nos institutions, mais aussi des Suisses de souche qui viennent également nombreux et dont beaucoup me disent: “Je vis ici depuis 50 ans et il ne m’était jamais venu à l’idée que je pouvais entrer ici!”».