LIVRE • Résident d’Épalinges, Bernard Boëton signe un livre qui ambitionne de remettre les droits humains au centre du discours, notamment chez les jeunes. Rencontre.
Un opuscule issu de la colère d’un ancien travailleur humanitaire face à une situation internationale qui le prend aux tripes. «Depuis que je suis à la retraite, je constate une aggravation presque mensuelle de la manière dont on parle et sont perçus les droits humains. Non seulement ils sont brocardés, mais aussi délibérément ignorés.»
Du Cameroun à Épalinges
Ancien prof de philosophie dans sa Normandie natale, exilé au Cameroun pour son service national actif, il rentre avec l’étincelle de la coopération internationale et du travail humanitaire. C’est là que débute son engagement auprès de Terre des Hommes, qui, depuis Lausanne, le mandate pour se rendre au Bangladesh.
Il y administrera des programmes médicaux, éducatifs et sociaux parmi les populations vulnérables. «Il ne s’agissait pas que d’un job, se souvient-il. Ça a été une étape dans ma vie. Je suis rentré en me disant que je ne pouvais pas travailler dans un autre domaine que celui-là». Une résolution qui deviendra réalité car 35 ans plus tard, c’est toujours l’organisation lausannoise qui l’emploie et l’envoie aux quatre coins du monde. Sauf qu’en attendant, il s’est installé un pied-à-terre à Épalinges. «Pendant les années de voyages, avant d’être résident en Suisse, revenir à Lausanne, c’était d’abord un horizon d’air pur et frais, la beauté des couleurs du lac, mais aussi une vie culturelle d’une densité et d’une variété rares, de renommée internationale. Que demander de plus, face à l’anxiété que génère l’actualité?»
Espoir pour les jeunes
Écrit en trois ans, le livre s’inscrit cependant dans la continuité de son travail de terrain, en contact proche avec des peuples du monde entier, ainsi qu’avec ses étudiants de diverses universités et hautes écoles.
Et à ceux de la Haute École Pédagogique, il enseigne un séminaire à propos des droits de l’enfant. «Tous les ans, beaucoup d’étudiants me disaient que ce cours devrait être obligatoire, en sortant du côté strictement académique.»
Les jeunes, c’est donc à eux qu’il s’adresse via son ouvrage, mais également avec un site internet régulièrement alimenté par des articles divers, ainsi qu’un podcast, qui reprend les thèmes du livre. «Les nouvelles générations, nées après l’an 2000, qu’ont-elles connu? Le terrorisme, le climat, le covid, le confinement, les violences policières, la méfiance vis-à-vis de l’information et des entités politiques.» Et cela aide à maintenir une composante cruciale: l’espoir.
Même alors que les bombes tombent tout autour du monde. «Toutes les avancées en matière de droits humains sont nées de situations d’épreuves chaotiques pour l’humanité. Celle-ci va donc surmonter ça». En attendant, le Palinzard ne peut que déplorer l’état du monde, et se retient parfois d’allumer la télévision.
Essai personnel, alimenté d’expériences vécues, de références théoriques, ce livre est le fruit d’un travail très solitaire du retraité, qui l’a édité par ses propres moyens et en fait la promotion lui-même. Mais sans agenda commercial, tient -il à rappeler. «J’avais des choses à dire. Ça plaît, tant mieux, ça ne plaît pas, tant pis. Mais je veux qu’il existe. Je ne supporte pas d’entendre que les Droits humains, c’est du chiffon de papier.»