Pourquoi Mednat Expo n'a pas lieu cette année

Rédigé par
Elise Dottrens
Lausanne

BIEN-ÊTRE • Le célèbre salon des médecines naturelles n’aura pas lieu cette année à Beaulieu. En cause: une baisse de fréquentation et du nombre d’exposants. Une situation qui n’est d’ailleurs pas isolée.

L’annonce est tombée comme un couperet. Le salon lausannois des médecines alternatives de l’alimentation saine et du bien-être Mednat Expo ne sera pas reconduit en 2026. Après sa 35e édition l’année dernière, le manque de participants, tant du côté des visiteurs que des exposants, a forcé les organisateurs à tirer la prise. 
«Cette année, les gens n’ont pas répondu présent, et c’est très difficile de savoir pourquoi», explique Stéphane Rudaz, du comité d’organisation. 
Également rédacteur en chef des éditions recto-verseau et auteur, il estime que cette annulation peut découler d’une situation difficile des médecines naturelles et alternatives, mais n’écarte pas la possibilité que l’an prochain, suffisamment d’exposants s’inscriront pour que le salon redémarre. 
«Peut-être que l’année prochaine, ça repartira, on ne peut pas savoir pourquoi.»
Salons romands sur le fil  du rasoir
La situation de Mednat n’est cependant pas isolée. L’année dernière, les salons bien-être de Genève, Fribourg et Aigle, tous tenus par le même organisateur aiglon, n’ont pas pu avoir lieu. Et en 2026, c’est également celui de Morges qui n’ouvrira pas ses portes. «Depuis le Covid, nous avons eu une baisse régulière d’exposants et de public, explique leur fondateur Bernard Halil. Il a été de plus en plus difficile d’avoir un équilibre financier. En 2024, nous avons eu des pertes assez importantes.» Ici aussi, l’organisateur mise moins sur une diminution du public qu’un changement d’habitudes. «Il n’y a pas de désintérêt, bien au contraire. Mais les gens font beaucoup plus de choses en ligne. Avec l’intelligence artificielle et les applications spécialisées, ils trouvent tous les conseils en ligne. Aujourd’hui, tout le monde peut s’inventer thérapeute». 
Pour lui, le modèle du grand salon est vétuste. «Peut-être quelque chose de plus petit, dans une salle communale ou de gym, avec seulement une trentaine d’exposants, représenterait moins de risques. Les grands salons, c’est devenu très difficile». Prudemment, il émet également l’hypothèse que l’essor impressionnant du secteur ces dernières années ait créé un trop-plein pour le public. 
Mutisme chezBeaulieu SA
Les statistiques donnent raison aux deux organisateurs: la médecine alternative et complémentaire aurait tendance à s’ancrer de manière durable dans le paysage de santé publique suisse. En 2024, une étude du registre de médecine empirique constatait que 66% des Suisses y avaient déjà eu recours. C’est donc la forme, et non le fond, qui serait à repenser. 
Contactés, les équipes de Beaulieu SA n’ont pas désiré commenter l’annonce de l’annulation. Pour Stéphane Rudaz, il est encore trop tôt pour prendre une décision concernant l’année 2027. Pour l’heure, le salon Holistica de Nyon reste debout. Il aura lieu les 13 et 14 juin prochains. 

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