«L’ultime héritier», ou la vulgarité des ultra-riches

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Culture & Loisirs

SORTIE CINÉMA -  Inspiré du classique Noblesse oblige réalisé par Robert Hamer en 1949, John Patton Ford signe une comédie noire élégante et venimeuse. 

Ici, ce n’est plus la lutte des classes, c’est la chute des classes, féroce et réjouissante. À la mort de sa mère, le jeune bâtard d’une richissime famille décide de récupérer l’héritage qu’il estime lui revenir. Il y a juste un obstacle: les sept membres de la famille qui se dressent entre lui et cette fortune. Ici, nul besoin de gravir l’échelle sociale: encore faut-il être né du bon côté.

Et le film s’emploie, avec un sourire carnassier, à démontrer que peu importe les fautes, les excès ou les crimes, l’héritage reste le plus sûr des privilèges.

Ford filme avec une précision clinique la vulgarité des ultra-riches, et leur indécence tranquille, bientôt mise à mal. Derrière son vernis sophistiqué, le récit déploie une mécanique implacable où l’ascension passe par l’élimination pure et simple des héritiers concurrents. Une idée délicieusement amorale, traitée sur le mode d’une farce macabre qui lorgne du côté du théâtre shakespearien.

 

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