Les trois avenues, rares lignes droites de Lausanne

Rédigé par
Ulrich Doepper, Pierre Thomas et Michel Zendali
Lausanne

AMÉNAGEMENT • À cette époque, le projet de liaison routière de 1862-1874 en trois segments rectilignes d’avenues généreuses, arborées et pourvues de larges trottoirs, était unique à Lausanne.

En 1856, il y avait deux manières d’accéder à la ville de bas en haut: l’une, au bon gabarit, mais trop escarpée, est l’actuelle avenue d’Ouchy (et aujourd’hui, par les escaliers de la Grotte); la deuxième, également raide et étroite de surcroît, arrivait par l’actuel Petit-Chêne. Les autorités de l’époque imaginèrent une troisième solution qui passait par de petits chemins longeant les vignes à l’est de la gare et de Saint-François par le lieu-dit En Georgette.
«Promotions publiques»
À cette époque, le projet de liaison routière de 1862-1874 en trois segments rectilignes d’avenues généreuses, arborées et pourvues de larges trottoirs, était unique à Lausanne, surtout parce qu’il était une des rares «promotions publiques». Son élément central, l’avenue Georgette proprement dite, presque aussi large que longue, était bordée à l’est par des villas locatives encore très dans le goût lausannois du début du XIXe siècle, et à l’ouest par deux îlots locatifs sur cour.
L’aménagement de la branche supérieure, l’actuelle avenue du Théâtre, avait nécessité la démolition de la plus grande salle de l’époque, le casino de Derrière-Bourg. Pour remplacer le casino, on érigea en 1871 un nouveau théâtre, sous la forme d’une salle à l’italienne de 800 places, devenu depuis 1992 l’opéra de Lausanne. 
Barbier de Séville
À l’origine, le bâtiment était entouré de vignes. Observez comme il est posé de façon légèrement oblique: ce défaut de parallélisme est typique d’une implantation en pente, alignée sur les courbes de niveau et non sur les voiries, comme les villas qui l’accompagnaient à l’ouest.
Du théâtre original de 1871, inauguré au son du Barbier de Séville de Gioachino Rossini, il ne reste que la salle. La façade originale est encore visible dans les salons de l’étage; la tour de scène et les locaux techniques ont été agrandis en 2012 pour répondre aux exigences de la scénographie moderne. 

Le texte de cette rubrique est tiré du livre «111 lieux à Lausanne à ne pas manquer»,  de Martine Dutruit (photos), Ulrich Doepper, Pierre Thomas et Michel Zendali (textes), éditions emons: www.111lieux.com Disponible en librairie. 

 

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