Les medtechs de la région lausannoise cartonnent

Rédigé par
Nicolas Grangier
Lausanne

INNOVATION • Les start-ups de la région ont le vent en poupe, indique le «Swiss Venture Capital Report 2026», un calendrier intercantonal de référence. En tout, près de trois milliards de francs ont été investis dans les jeunes pousses du pays l’an dernier.  

Le canton de Vaud se classe deuxième de Suisse en termes d’investissements totaux, après l’indétrônable Zurich. Il vient même de réaliser sa seconde meilleure année, levant 579 millions de francs, en hausse de 14% sur un an. Il le doit à un environnement axé sur les technologies dans tous les secteurs. Avec son implantation à l’échelle nationale et à l’EPFL, Venturelab figure sans doute parmi les meilleurs représentants des jeunes sociétés prometteuses. Il a été lancé en 2004 dans la perspective, entre autres, d’améliorer l’attractivité des start-ups auprès des investisseurs. 
Tissu diversifié
Son co-fondateur et managing partner, Jordi Montserrat, n’est pas surpris du dynamisme constant qu’affiche le canton de Vaud: «Ce territoire a construit un écosystème vertueux autour de ses hautes écoles et d’Innovaud notamment. Cette année, ce classement a vu le secteur medtech et l’IT performer encore mieux que les biotech, mais maintenir un tissu diversifié constitue aussi une force». 
Jordi Montserrat estime que le canton, pour rester à la pointe, ne doit pas se reposer sur ses lauriers: «La concurrence est vive, et le problème n’est pas de se comparer aux autres cantons, c’est à l’international que les enjeux se font. Quand je vois qu’en Chine, on conçoit des hôpitaux-tests grandeur nature, alors qu’en Suisse, chaque test est un véritable parcours du combattant, cela doit nous interpeller!» .
Avec son dispositif Venture Kick combiné au Kick Fund, il y a la possibilité de donner un coup d’accélérateur aux start-ups les plus méritantes. Chaque mois, un jury d’experts évalue 40 projets à différents stades, permettant de délivrer de 10’000 à 1 million de francs d’amorçage pour promouvoir un succès entrepreneurial. 
Un fossé entre Vaud et Zurich 
Apparue en 1994, la Fondation pour l’Innovation et la Technologie (FIT), basée à Lausanne, soutient la création, mais aussi le développement de nouvelles entreprises locales. L’an dernier, elle a appuyé pas moins de 49 projets pour 6,45 millions de francs. 
Cette deuxième place vaudoise au classement réjouit son managing director Julien Guex, qui pondère toutefois son enthousiasme: «Malgré cette bonne nouvelle, le fossé se creuse en termes d’investissements avec Zurich, qui a su capitaliser autour des multinationales. L’arc lémanique doit s’en préoccuper. D’autant plus que Genève dégringole au 5e rang intercantonal, avec moins de 100 millions de francs de montants levés! Les sciences de la vie et les deeptech sont devenues des piliers de l’économie vaudoise. Mais n’oublions pas qu’on le doit beaucoup à l’EPFL et aux structures de soutien à l’innovation». 
Parmi les différents exemples de réussite locale, Julien Guex cite sans hésitation la société Distalmotion, dont le siège est situé à Épalinges depuis sa création en 2012. Cette société qui œuvre dans les technologies médicales a mis au point un système de chirurgie robotique, conçu pour la chirurgie des tissus mous. À tel point que son lancement commercial aux États-Unis est prévu grâce à des fonds d’un gros investisseur américain. Comme quoi la Suisse a encore la cote au pays de l’Oncle Sam! 

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