Alexandre Castagnetti revisite le «Fantôme de l’Opéra»

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Culture & Loisirs

SORTIE CINÉMA – Sous les atours du fantastique et de la séduction, Castagnetti parle surtout d’amour, de deuil et de catharsis. La scène devient ce lieu où les blessures intimes peuvent se rejouer et les absents reprendre vie, dans un ballet final qui ne manque pas de souffle.

Paris, de nos jours : une jeune danseuse entre à l’Opéra et s’éprend d’un mystérieux pianiste, tandis qu’une œuvre maudite fait ressurgir les fantômes du passé. Gaston Leroux à la sauce dark romance : le pari pouvait faire craindre un classique sacrifié aux tendances du moment. Il inspire au contraire à Alexandre Castagnetti une relecture moderne et bien vue du célèbre Fantôme de l’Opéra. Le cinéaste, que l’on a aussi connu en moitié du duo de La Chanson du Dimanche, troque ici la fantaisie potache pour les passions ténébreuses. Le film possède tout d’abord un écrin exceptionnel : les décors authentiques de l’Opéra Garnier, dont les ors et les recoins nourrissent autant le romanesque que l’inquiétude. Mais son plus bel atout s’appelle Deva Cassel. 

Aussi belle que sa mère, Monica Bellucci, aussi magnétique que son père, Vincent Cassel, la jeune comédienne est épatante à l’écran. Au-delà de cette double filiation, elle impose une présence bien à elle, qui donne chair aux tourments de son personnage. Face à elle, Romain Duris cabotine un peu en grand méchant, mais avec grâce et un plaisir de jeu suffisamment communicatif pour qu’on lui pardonne ses excès. Sous les atours du fantastique et de la séduction, Castagnetti parle surtout d’amour, de deuil et de catharsis. La scène devient ce lieu où les blessures intimes peuvent se rejouer et les absents reprendre vie, dans un ballet final qui ne manque pas de souffle.

 

En savoir plus