TRANSPORTS PUBLICS • Les élus socialistes Christine Goumaz et Samuel de Vargas déposent un postulat au Conseil communal pour que l’exploitation du M2 soit rallongée en soirée. Pour eux, Lausanne aurait tout à y gagner.
Lausanne Cités:Pourquoi souhaitez-vous que les horaires du M2 soient étendus en soirée?
Samuel de Vargas: Tout simplement parce qu’une simple heure d’exploitation en plus pourrait changer le quotidien de dizaines de milliers de personnes à Lausanne!
Vous pointez du doigt une aberration: la mauvaise connexion du réseau du métro avec les CFF.
Samuel de Vargas: En Suisse, nous sommes, à juste titre, très fiers du fédéralisme qui permet aux collectivités de gérer leurs propres infrastructures. Mais dans le cas précis de la connexion entre le M2 et les CFF, on a effectivement la démonstration d’une coordination plutôt manquée où les dernières correspondances en soirée se ratent à quelques minutes près.
Quels autres effets délétères avez-vous constatés avec les horaires actuels?
Christine Goumaz: Les conséquences sur le tourisme, par exemple ne sont pas négligeables. Il se trouve que les touristes paient une taxe de séjour qui comprend la mise à disposition d’une carte de transports publics dont ils ne peuvent pas suffisamment profiter tard le soir. Élargir les horaires du M2 leur permettrait de mieux organiser leurs séjours et leurs loisirs, sans compter que cela donnerait un véritable coup de pouce aux acteurs de la vie nocturne lausannoise.
Concrètement, que proposez-vous?
Samuel de Vargas: L’idée, ce serait de rajouter chaque soir une heure d’exploitation supplémentaire, avec une fréquence de 30 ou même mieux encore de 15 minutes, disons jusqu’à 1h30 du matin, le temps que les derniers trains des CFF arrivent en gare. On pourrait commencer par une période de tests pendant les jours de fin de semaine, afin de voir comment le dispositif fonctionnerait et comment il serait accueilli par les usagers.
Tout cela aurait néanmoins un coût pour les TL et la collectivité…
Christine Goumaz: Bien sûr, cela va augmenter les charges d’exploitation, mais cela serait très marginal par rapport au coût actuel, puisqu’il n’y a aucune infrastructure à créer et aucune ligne supplémentaire à ajouter. Il s’agit juste d'allonger les temps de travail du personnel et d’exploitation de la ligne actuelle.
Samuel de Vargas: J’ajoute que le coût doit être mis en relation avec les entrées supplémentaires que cela pourrait générer qui ne seraient pas négligeables, directement pour les TL ou indirectement en termes d’amélioration de l’attractivité de la ville.
Étendre les horaires d’exploitation du M2 impliquerait donc plus de personnel pour les TL. Or ceux-ci rencontrent déjà des problèmes de recrutement...
Christine Goumaz: C’est vrai, l’idée n’est pas de faire travailler davantage un personnel qui est très sollicité et dont il faut préserver les standards en termes de santé au travail. Mais je pense que cette mesure n’induirait pas des besoins de personnel supplémentaire très élevés, et ce d'autant que l’exploitation du métro est déjà largement automatisée.
Finalement, votre proposition semble si évidente que l’on se demande comment on a pu ne pas y penser avant…
Samuel de Vargas: Cela fait partie des choses auxquelles tout le monde pense à un moment ou à un autre, mais sans que personne n’y donne suite. Pourtant le ratio entre ce que cela pourrait coûter et ce que cela pourrait apporter comme avantages est évident.