DRAME – Soudain» nous plonge dans le quotidien d’un EMS parisien où le soin devient un véritable acte de résistance. Ici, pas de grand discours: tout passe par le regard, la parole, le toucher.
Après le vertigineux «Le Mal n’existe pas», Ryūsuke Hamaguchi délaisse la fable métaphysique pour revenir à quelque chose de plus simple, de plus concret, mais de tout aussi bouleversant. «Soudain» nous plonge dans le quotidien d’un EMS parisien où le soin devient un véritable acte de résistance. Ici, pas de grand discours: tout passe par le regard, la parole, le toucher. Trois gestes élémentaires qui suffisent au cinéaste pour rappeler ce qui fait encore de nous des êtres humains. Le film suit la rencontre entre Marie-Lou, directrice de l’établissement, et Mari, une metteuse en scène qui se bat contre un cancer.
Délicatesse désarmante
Les deux actrices, Virginie Efira et Tao Okamoto, auréolées du double prix d’interprétation lors du dernier Festival de Cannes, sont extraordinaires. Entre elles naît un lien impossible à définir, qui échappe aux conventions du récit amoureux comme aux catégories habituelles du cinéma. Hamaguchi filme cette évidence avec une délicatesse désarmante. À rebours d’un monde obsédé par la rentabilité et la performance, «Soudain» revendique le temps long, l’attention portée aux autres et la beauté des gestes les plus ordinaires.