L’alimentation est la principale source d’exposition aux dioxines

Rédigé par
Manuel de Lorentis
Santé & Bien-être

DIOXINE - Selon une nouvelle étude menée par Unisanté, l’exposition aux dioxines provient majoritairement de l’alimentation, en particulier des produits d’origine animale riches en matières grasses issus de zones contaminées.  L’impact de l’ingestion de sols ou de poussières reste limité.

Les dioxines, les furanes (PCDD/Fs) et les PCB (polychlorobiphényles) sont des polluants organiques persistants, provenant principalement de phénomènes de combustion (incinération, incendies) ou d'anciens usages industriels, qui s’accumulent dans l’environnement et dans la chaîne alimentaire. Leur présence dans l’organisme humain est associée à divers effets sur la santé, notamment sur les systèmes endocrinien et reproductif, ainsi que sur le développement neurologique.

 Afin de mieux comprendre l’exposition actuelle en Suisse, l’étude s’est concentrée sur les principales voies d’exposition par ingestion, en particulier l’alimentation, incluant l’allaitement, ainsi que l’ingestion de sols et de poussières. L’exposition par inhalation liée aux émissions passées de dioxines dans l’air n’a pas pu être évaluée, faute de données historiques suffisantes. 

Les résultats de cette étude complètent ceux d’une précédente étude menée par Unisanté. Publiée en 2024, celle-ci documentait l’impact de la contamination aux dioxines des sols dans la région lausannoise, et démontrait déjà que l’exposition humaine se fait principalement par l’alimentation au quotidien. L’ingestion directe de terre par les enfants n’avait alors pas été évaluée.

Transfert des polluants du sol vers l’être humain 

En tout état de cause, les résultats de la dernière recherche montrent que c’est l’alimentation au quotidien qui constitue la principale source d’exposition, particulièrement via les produits d’origine animale riches en lipides, tels que la viande, les produits laitiers et les œufs. L’impact de l’ingestion de sols ou de poussières reste limité même en présence de forte contamination. Un point de vigilance important concerne la consommation d’aliments produits localement dans des zones contaminées. L’étude indique que manger régulièrement des œufs issus de poules élevées en plein air sur des surfaces polluées peut entraîner une augmentation de l’exposition. 

Si l’allaitement peut contribuer à la charge corporelle en début de vie, cet effet est transitoire, la charge des enfants allaités étant similaire à celle des enfants non allaités à plus long terme. Cette observation ne remet pas en cause les recommandations en faveur de l’allaitement, dont les avantages pour la santé de la mère et de l’enfant sont bien établis. 

En savoir plus