COHÉSION SOCIALE • En l’espace de seulement deux ans, la subvention annuelle de la Ville accordée à la Fondation pour l’animation socioculturelle lausannoise (FASL) a grimpé de près de 500’000 francs. Cette hausse s’explique principalement par la progression constante des charges de personnel.
Des Boveresses aux Bergières, en passant par la Pontaise ou la Bourdonnette, presque tous les quartiers de la capitale vaudoise disposent aujourd’hui d’un lieu d’animation socioculturelle géré par la FASL. Derrière cette mission de cohésion sociale, l’augmentation perpétuelle des subventions interpelle.
Selon le dernier rapport annuel de la fondation, publié en septembre dernier, la subvention a crû de 224’614 francs entre 2023 (11’365’086 fr.) et 2024 (11’589’700 fr.). Ce qui n’a pas empêché la FASL d’afficher un excédent de charges de 476’916 francs à la clôture de l’exercice 2024.
Un demi-million en deux ans
La gourmandise financière de la FASL s’est poursuivie en 2025: la subvention atteint désormais 11’862’000 francs, incluant espèces et mise à disposition de locaux. En deux ans, la fondation privée d’utilité publique a donc vu ses fonds municipaux croître de près d’un demi-million. Comment justifier une telle voracité?
Contacté, le président de la fondation, François Gonin, a transmis nos questions à la secrétaire générale, Sylvia Clementi. Elle explique: «L’augmentation de la subvention en 2024 est en partie issue du renchérissement au coût de la vie conventionné accordé par la Ville, complétée par le financement des projets participatifs ou projets spéciaux définis. Ces montants ne couvrent pas entièrement les évolutions des annuités salariales, statutairement liées à la grille des salaires similaire de celle à l’ancienne grille de la Ville.»
Discussion en cours
Quant au déficit, David Payot, municipal en charge des quartiers, se veut rassurant: «Pour 2024, il a été convenu qu’il serait absorbé par les réserves de la FASL». La Ville de Lausanne dispose-t-elle de mécanismes pour anticiper ce type de déficit? «Certains coûts liés à des absences ou des heures supplémentaires font partie des impondérables qui ont affecté les comptes 2024. Un suivi financier régulier est réalisé par la Direction enfance, jeunesse et quartiers, et des échanges de coordination stratégique ont lieu avec le Conseil de fondation. Même avec ce suivi, il est difficile d’anticiper les frais exceptionnels.»
Enfin, des mesures sont-elles prévues pour rétablir l’équilibre financier? Sylvia Clementi se montre prudente: «La FASL a adopté un plan de mesures d’assainissement comprenant la maîtrise des charges liées à la variation de la provision d’heure et vacances, la diminution des soutiens à la formation et certaines économies d’exploitation en lien avec des activités saisonnières non conventionnées. Parallèlement, une réflexion constructive est menée avec la Ville afin de garantir un financement stable et adapté aux besoins de fonctionnement du dispositif d’animation socioculturelle».