«Je ne suis pas une droguée de la politique!»

Rédigé par
Charaf Abdessemed
Lausanne

POLITIQUE • Âgée de 34 ans, la PLR Anouck Saugy est la nouvelle présidente du Conseil communal. Ambitieuse et énergique, elle explique la vision avec laquelle elle entend exercer cette fonction protocolaire, mais cruciale. 

Lausanne Cités:Commençons par l’essentiel. Il parait que vous êtes une fan absolue de Taylor Swift…
Anouck Saugy: (Rires). Totalement, je suis une vraie swiftie et depuis au moins 10 ans, j’ai écouté tous ses albums, elle est dans mon top Spotify et j’ai même assisté à deux de ses concerts, c’est vous dire!

Il lui est arrivé de prendre parfois des positions politiques… Aurait-elle fait une bonne PLR?
Peut-être pas non (rires), mais plus que l’aspect politique j’aime son côté humain, sa musique et surtout ses textes qui me touchent beaucoup…

Femme, jeune, PLR et présidente du Conseil communal de Lausanne. Ce n’est pas forcément facile, non?
Ce n’est d’abord pas facile parce que je continue à travailler à 100% (en tant que fiscaliste dans un cabinet de conseil, ndlr), sans allègement de mon temps de travail. Or la présidence demande du temps, il y a un important volet de représentation et un gros travail de préparation des séances du conseil, même si j’ai la chance de disposer d’un secrétariat très efficace…

Ça c’est pour la charge de travail… et le reste?
C’est sûr ce n’est pas facile d’être si jeune et en plus d’un parti de droite. Je suis d’ailleurs la plus jeune femme de droite à avoir jamais occupé cette fonction. Cela étant, cela fait cinq ans que je siège au Conseil communal, j’y ai tissé des liens avec des membres de tous les partis, j’y ai présidé des commissions, j’ai une solide expérience professionnelle et de par mon caractère, j’aime bien diriger. Cela devrait donc aller (rires).

Pas de stress donc?
Non, mis à part celui que je me mets moi-même, car j’ai toujours l’angoisse et la volonté de bien faire les choses (rires).

C’est quoi pour vous bien faire les choses en tant que présidente du Conseil communal?
C’est d’abord réussir à traiter l’ordre du jour, ensuite respecter ses collègues en leur montrant que les séances ont été bien préparées pour leur permettre de se consacrer sereinement et pleinement au débat politique. Les conseillers communaux ne sont pas des politiciens professionnels, il est dont important de faire en sorte qu’ils soient le plus à l’aise possible dans leur fonction.

Quel est le principal enjeu selon vous?
Trouver le bon équilibre pour que le débat ait suffisamment et correctement lieu, tout en avançant. 

Qu’est-ce qui sera le plus difficile?
Ne pas pouvoir donner mon avis sur des objets et veiller à ce que cela ne se voie pas sur mon visage, car je sais que la fonction implique un devoir de réserve (rires). Plus sérieusement, nous allons entrer dans une année électorale au niveau cantonal avec certains élus communaux qui vont se positionner, il y a aussi des personnes nouvellement élues auxquelles il faudra expliquer le fonctionnement du conseil… Les défis ne manquent pas…

Il y a aussi le défi de l’interminable ordre du jour, qu’aucun président n’a jamais réussi à purger…
Mes proches me disent qu’avec moi l’ordre du jour sera fini en mars prochain (rires)! Mais la réalité c’est que nous sommes bloqués par le nombre croissant d’interpellations urgentes, et aussi de questions orales d’ailleurs, qui surchargent l’ordre du jour qui a été préparé en amont. Une piste serait peut-être de limiter à une interpellation par groupe et par séance… Et puis, le Conseil communal est aussi dépendant de la vitesse avec laquelle la Municipalité répond aux objets qui ont été déposés…

Chaque président a tenté d’imposer sa marque. Quelle sera la patte Saugy?
Mon but n’est pas de révolutionner la machine mais de faire en sorte qu’elle fonctionne. Et puis, j’aime beaucoup rencontrer les gens, j’anticipe avec beaucoup de plaisir la partie représentation que requiert la présidence du conseil.

Finalement cette présidence n’est-elle pas un tremplin politique pour vous?
Franchement avec la vie que je mène et mes responsabilités, je n’ai vraiment aucune ambition pour un exécutif et d’autant plus que j’ai beaucoup de plaisir dans mon activité professionnelle. Par contre, l’ambition n’étant pas un gros mot, je serai, sous réserve de confirmation de mon parti, candidate au Grand Conseil l’année prochaine.

Dans une année, quand vous aurez quitté vos fonctions, qu’aimeriez-vous que l’on retienne de vous?
Que j’aurai été efficace, que j’aurai peut-être été dure, mais juste et correcte dans ma manière de gérer les débats, et que j’aurai su rester accessible car je ne suis pas un dragon (rires).

Et dans 20 ans comment vous voyez-vous?
Toujours en politique car c’est une passion pour moi, mais toujours active professionnellement car c’est important de conserver un pied dans le vrai monde. Après, je ne suis pas une droguée de la politique et si cela devait s’arrêter, ce ne serait pas bien grave. C’est d’ailleurs cette manière de voir les choses qui explique que j’éprouve tant de plaisir à en faire. 

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