DÉMOGRAPHIE • La commune de l’agglomération lausannoise vient de passer le cap des 10’000 habitants. De nouveaux enjeux se profilent pour la toute nouvelle ville qui se voit propulsée sur le devant de la scène, aux côtés des plus grandes.
C’est un moment charnière dans la vie du Mont-sur-Lausanne, comme en ont vécu de nombreuses communes alentour. En juillet dernier, en plus d’entrer dans une législature avec trois nouveaux municipaux et un syndic tout fraîchement entré en fonction, la ville a accueilli son dix-millième habitant. Et à vrai dire, ce n’’est pas un seul habitant qui a fait basculer le Mont du statut de village à celui de ville, mais tout un quartier.
À l’ouest de la commune, les six immeubles qui constituent le quartier de Pernessy ont accueilli leurs habitants début juillet et c’est à ce moment-là que la barre a été franchie. Loin d’être une surprise, l’heureux événement s’inscrit dans la continuité d’une politique de construction qui se poursuit depuis de nombreuses années.
Craintes et opportunités
D’ici 2040, la commune devrait par ailleurs atteindre les 13’000 âmes. Et pour continuer à les accueillir en douceur, il faudra engager des mesures fortes. Car les craintes des habitants, même des plus fraîchement arrivés, quant au futur de la ville, s’expriment par plusieurs biais. «Il y a par exemple cette initiative communale qui demande à rendre le quartier de La Valleyre inconstructible, explique le syndic Olivier Descloux. Cela cristallise la crainte d’étouffer, que l’on ne tienne plus compte de la nature, etc. Alors que fondamentalement, ce quartier concerné n’est pas plus dommageable que le quartier d’à côté, et les agriculteurs auxquels appartiennent les terres avouent ne plus y avoir assez de rendement. Il n’empêche qu’il y a un grand changement, on peut le préparer autant qu’on veut, quand il se matérialise, cela reste quelque chose de marquant.»
Pour le nouveau syndic, le fait que la majorité de ces nouveaux quartiers soient publics et non privés autorise aussi une meilleure acceptabilité par les habitants. «Cela leur permet d’aller s’y promener, ou d’utiliser les infrastructures comme les places de jeux».
Tout en voulant rester à l’écoute des craintes de ses concitoyens, Olivier Descloux préfère se consacrer à sa joie devant le développement de sa commune. Car plus d’habitants, cela veut aussi dire plus de possibilités.
«Cela va permettre de développer davantage d’infrastructures, nous pourrons développer les politiques seniors, sportives ou d’inclusions.» Pour illustrer ces possibilités, il cite le quartier «Mont-Centre», qui constituera le centre névralgique de la commune.
Place renforcée
Ce nouveau statut de ville vient en outre renforcer la place du Mont dans la région. «Les communes voisines ne s’étaient peut-être pas rendu compte de ce qui était en train de se passer. Mais dorénavant, elles ont compris que nous pourrions collaborer davantage et elles voient les opportunités. Ensemble, on a plus de force». Avec de nombreuses années de travail sur le développement urbain et un nombre impressionnant de projets, Olivier Descloux peut se targuer de compter parmi son administration des employés qui ont pu se spécialiser dans ces domaines. «On nous prend parfois comme exemple, sourit le syndic. Et nos projets, intéressants, nous rendent attractifs en tant qu’employeur.»
Pour Olivier Descloux, tout comme pour les municipaux qui entament cette nouvelle législature, il s’agira de continuer sur la lancée des années précédentes pour maintenir l’identité montaine au plus proche de ses habitants.