"Backrooms", un récit sur la solitude urbaine

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Culture & Loisirs

HORREUR - Cette variation contemporaine d’«Alice de l’autre côté du miroir» entraîne le spectateur dans un labyrinthe où chaque porte franchie fait grandir le malaise, dans une vraie atmosphère singulière.

Révélé sur YouTube grâce à ses courts métrages, Kane Parsons franchit avec ce premier long métrage une étape décisive à tout juste vingt ans, sans rien perdre de la singularité qui a fait son succès. Sous les dehors d’un film d’horreur en found footage, le jeune cinéaste signe surtout un récit sur la solitude urbaine, où l’immensité des espaces vides devient le reflet d’un profond sentiment d’isolement. Son esthétique résolument ancrée dans les années 1990, entre image analogique et lumières blafardes, nourrit une impression de déjà-vu inquiétante. 

Les «backrooms» évoquent l’Upside Down de «Stranger Things», mais imaginé par David Lynch plutôt que par les frères Duffer: un monde parallèle ouvert par accident, où les lois de la logique s’effacent au profit d’une étrangeté hypnotique. Cette variation contemporaine d’«Alice de l’autre côté du miroir» entraîne le spectateur dans un labyrinthe où chaque porte franchie fait grandir le malaise, dans une vraie atmosphère singulière et une réalité toujours plus incertaine. 

Parsons filme ces lieux vides avec un regard entre l’art contemporain et le documentaire hérité de l’urbex. C’est là que le film trouve sa véritable puissance: moins dans ses créatures que dans cette fascination pour les non-lieux, où le vide finit par devenir plus terrifiant que n’importe quel monstre.

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