ESPACE URBAIN • Face aux critiques répétées sur leur esthétique souvent jugée douteuse, la Municipalité de Lausanne envisage une «intervention artistique». A l’image des armoires électriques, certaines Vélobox devraient être décorés par des artistes.
«Immondes», «affreuses», «dignes de l’Union soviétique», «monstres sur la voie publique», «verrues urbaines»… Depuis leur installation en janvier dernier – une première suisse –, les Vélobox ont certes suscité beaucoup d’engouement (leur taux d’occupation avoisine les 94%) mais également bien des critiques, essentiellement en raison de leur esthétique, vivement remise en question. Et il faut admettre que ces box hermétiquement fermés et destinés à stationner les vélos en toute sécurité, revêtent, avec leurs parois aveugles et ternes, plus volontiers l’aspect de mini bunkers style Seconde guerre mondiale que d’un élément de mobilier urbain harmonieusement intégré dans l’espace public.
Multiples impératifs
En clair, ils font tache dans les rues de la ville, à tel point que la Municipalité a décidé de revoir sa copie. «Nous entendons les questions concernant l'esthétisme même si chacun a son avis sur la question, explique Julien Eggenberger, le nouveau municipal en charge de la mobilité. Un groupe de travail impliquant plusieurs services a été lancé pour imaginer une intervention artistique sur certains Vélobox. L’objectif est de proposer des supports pour des interventions artistiques ou des initiatives de quartiers, d’écoles, etc… sur le modèle de ce qui a pu se faire pour les boîtiers électriques».
Pour expliquer le choix du modèle de Vélobox actuellement en cours de déploiement à Lausanne, la Ville met en avant les multiples impératifs auxquels le projet devait répondre: «Ce projet a fait l'objet d'un appel d'offres, explique le Municipal. L'entreprise qui l'a remporté répondait le mieux aux critères demandés: nombre de vélos par box et espacement entre les vélos, prix, hébergement sur les serveurs de la Ville (une application est nécessaire pour accéder aux Vélobox, ndlr), service de maintenance et de piquet exercé par une entreprise de la région lausannoise».
Au-delà de la dimension esthétique, les Vélobox connaissent en tout cas un véritable engouement. Lausanne en compte actuellement 90, pour un total de 360 places, dont 340 sont d’ores et déjà attribuées. Mieux encore, 480 personnes sont sur liste d'attente dans l’espoir de disposer d’un emplacement.
Abonnement modique
Un espoir qui devrait être satisfait puisque d’ici la fin de l’année 260 box supplémentaires devraient être déployés sur le territoire communal, offrant ainsi 1040 places à la population. A noter que l'ensemble du projet (achat des box, installations, y compris logiciel de gestion des places et des abonnements) coûtera près de 2 millions de francs. Les usagers quant à eux doivent s’acquitter de 50 francs pour un abonnement de 6 mois, 100 francs pour une année, le principe étant qu’à terme les recettes des abonnements couvrent les coûts externes du projet.