Y A LE FEU AU LAC ! - Cette semaine notre chroniqueur Thomas Lécuyer préconise le "port obligatoire du cerveau" pour les hooligans qui ne savent que gâcher la fête.
Alors que le Lausanne-Sport a fait les gros yeux cet été contre ses ultras après que l’un d’eux ait blessé un steward à Genève lors du dernier derby contre Servette le 12 mai, le Grand Conseil vient d’annoncer la création d’une nouvelle commission qui demande le renforcement des mesures au niveau fédéral face aux hooligans.
Régulièrement, Lausanne est paralysée par le ballet gracieux de ces êtres fins et délicats dont l’intelligence supérieure illumine chaque mètre de l’itinéraire qui leur est réservé pour leurs joyeux cortèges. La canette à la main, ils détériorent avec amour et spontanéité l’espace public, parsèment leur itinéraire de déchets, comme le Petit Poucet parsemait de cailloux la forêt sombre, shootent les poubelles, agitent malicieusement des pétards et des mortiers non loin des stations essences, et paralysent parfois la circulation des trains.
Alors oui, un tour de vis s’impose. Mais qui tient le tournevis? On aimerait d’abord des solutions rapides et efficaces de la Ville (comme la suppression de ces cortèges, et l’interdiction des rassemblements spontanés, ils n’ont qu’à se démerder pour aller au stade individuellement!). Mais on a l’impression que la Ville renvoie la balle au Canton, qui la renvoie au niveau fédéral, avec une batterie de mesures à appliquer dans tout le pays. Parmi elles, le fameux billet nominatif, que l’on aimerait rapidement voir entrer sur le terrain, mais aussi la fouille des supporters, ou l’interdiction des engins pyrotechniques et des armes (sans blague, personne n’y avait pensé avant?) Moi, sinon, j’ai une mesure implacable: le port et l’usage obligatoire du cerveau. Le problème, c’est qu’ils n’en ont pas tous.