A Epalinges, des enfants restent seuls dans une cour vide...

Rédigé par
Elise Dottrens
Vaud

COUAC • La dernière rentrée scolaire a été synonyme de quelques changements dans l’organisation des transports des élèves à Épalinges. Conséquence: certains élèves sont amenés à l’école beaucoup trop tôt par le bus scolaire. Les parents s’en inquiètent. 

Depuis le début de cette année scolaire, Olivier Guenot a la boule au ventre, du lundi au vendredi entre 8h15 et 8h35. C’est l’intervalle entre la descente du bus scolaire de sa fille de cinq ans et le début de son école, à Épalinges. 
Et pendant ce temps, la fillette et ses amis attendent, dans la cour, sans surveillance. Un scénario qui se répète souvent l’après-midi et lors des trajets retours. La cause: un bus scolaire plus rapide que prévu. 
La patate chaude  de la responsabilité
«L’horaire de bus a été bien avancé, explique le papa. Il part précisément à 8h10 depuis Bois-Murat, et arrive cinq minutes plus tard devant l’école, soit vingt minutes trop tôt. À neuf ou dix ans, cela ne poserait peut-être pas de problème. Mais quatre petites filles et un petit garçon d’à peine cinq ans, tout seuls, sans aucun autre parent dans la cour parce qu’il est trop tôt encore, ça nous inquiète, quand même». 
Pour sa voisine Emmanuelle aussi, le travail est moins productif quand elle sait sa fille seule dans la cour. «J’aimerais faire confiance à ma fille, mais elle n’a que cinq ans. On ne peut pas demander à des enfants de cinq ans de se comporter comme des adultes». 
Au retour, la problématique engendre d’autres conséquences: «L’après-midi, on nous avait dit que le bus partirait à 15h50 de son école pour arriver à 16h à Bois-Murat, explique Emmanuelle Jacquat. On ne sait pas à quelle heure il part mais dans les faits, il y arrive à 15h50. Et parfois, les éducateurs de l’UAPE n’étaient pas encore arrivés!» 
En plus d’un temps de trajet mal estimé, le bus a cette année une autre contrainte: les élèves de plusieurs écoles sont regroupés dans un seul bus scolaire, qui passe par plusieurs écoles. Tous les établissements commençant à la même heure, certains élèves doivent être déposés bien plus tôt, pour donner au bus le temps de finir son trajet avant le début de la classe. 
Et la responsabilité?
La question de la responsabilité se pose. S’il arrivait quelque chose à un enfant dans la cour, qui en serait tenu responsable? Selon le règlement communal sur les transports scolaires, le trajet entre l’arrêt de bus et l’entrée du bâtiment scolaire, et vice-versa, est sous la responsabilité de la commune. «On nous a expliqué que ce n’était pas au chauffeur de bus de vérifier que les enfants soient dans le bus mais aux enfants de savoir quand le bus arrive et quand ils doivent monter, se rappelle Emmanuelle Jacquat. Que notre fille soit attentive, oui, mais quand elle est dans un jeu, elle est dans un jeu. Ce n’est pas son rôle». 
«Les institutrices nous disent que leur rôle n’est pas de les surveiller, complète son voisin. J’imagine qu’elles vont jeter des coups d’œil, mais en effet, sur le papier, c’est la commune qui est responsable de la surveillance des enfants. Et la commune, elle, nous dit que les transports organisés sont tout à fait adéquats par rapport à ce qui est demandé dans le canton de Vaud». 
Jusqu’à aujourd’hui, les échanges avec la commune se sont en tout cas montrés infructueux. Le Conseil communal s’est saisi de la question et une interpellation a été déposée lors du conseil du 1er septembre. La Municipalité devra y répondre par écrit. 
Dialogue renforcé
Mais pour les dépositaires, l’enjeu est plus grand: «Plus largement, ces questions d’école de proximité et de transport scolaire nous tiennent à cœur depuis longtemps, explique Bogomil Kohlbrenner, conseiller communal qui soutient le projet. Les difficultés d’enclassement et de transport que vivent les familles aujourd’hui en sont un résultat. Nous soutenons la possibilité pour les plus jeunes d’aller à pied à l’école dans les structures de leur quartier. Ces décisions d’enclassement dépendent de la direction de l’école et du niveau cantonal, d’où notre souhait, par cette interpellation, de soutenir un dialogue renforcé entre la commune et l’école sur ce sujet.» 
Interpellée, la Municipalité n’a pas souhaité répondre. Mais Emmanuelle Jacquat et son voisin Olivier Guénot gardent espoir: depuis un autre quartier de la ville, un autre groupe de parents a déposé il y a quelques jours une pétition pour le même problème et a obtenu gain de cause. Après la clôture des discussions par la commune, il s’agit peut-être de leur dernière possibilité. 
 

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