Dans la sérénité des ryokans japonais

Parcourir le Japon sans avoir passé une nuit dans un ryokan c’est un peu comme aller à Paris et ne pas y admirer la Tour Eiffel. C’est un moment qu’il faut absolument vivre tant la magie opère.

  • Le mariage entre eau et tradition représente l’essence même de ces auberges traditionnelles. DR

    Le mariage entre eau et tradition représente l’essence même de ces auberges traditionnelles. DR

De Morioka à Tokyo, en passant par Kyoto ou Sapporo, il existe des centaines de ryokans, ces auberges typiques japonaises. Celle que nous visitons se trouve à Hakone, à quelques kilomètres du Mont Fuji. L’établissement est au cœur des montagnes, l’impression d’être au bout du monde est grande. Le plaisir est total. Arrivés sur place, les responsables du lieu sont étonnés. Il semble que c’est la première fois qu’ils voient des touristes occidentaux débarquer. Ils ne parlent pas un mot d’anglais, mais nous arrivons très facilement à nous faire comprendre. La gestuelle est le seul langage universel. Ils nous amènent dans la pièce qui nous servira d’hébergement. L’ensemble est plutôt spartiate: une table basse centrale avec chauffage, quelques tatamis, une petite table et deux chaises donnant sur les environs. A noter qu’une ancienne télévision trône fièrement sur un petit meuble.

Le respect avant tout

La gentillesse des occupants des lieux est toujours aussi déstabilisante. Le respect et l’accueil des Japonais sont simplement fascinants. Fatigués par notre trajet, nous faisons une brève halte dans les sources d’eau chaude naturelle. Le cadre est magnifique, tout semble inspirer le repos et la quiétude de l’esprit. Nous allons nous coucher. Nous avons dû rêver ce soir-là, c’est évident.

Aux premières heures du jour, une employée frappe à notre porte. Le petit-déjeuner est servi. Une belle pièce de poisson gras, du riz, des œufs, du lard fumé. Notre palais se régale divinement. Nous prenons également un malin plaisir à vivre à la mode nippone. Nous chauffons nous-mêmes notre œuf dans de petites poêles accompagnées d’une simple bougie réchaud. La suite des repas est toujours aussi plaisante: sashimis de thons et de saumon, viande de bœuf, salade d’algues, nos papilles en redemandent. Le second repas est servi en fin d’après-midi à 17 heures.

Que du bonheur!

Entre les deux, nous vivons au rythme de l’établissement et de leurs hôtes. La lenteur invite à la réflexion. Nous avons l’impression de nous purger physiquement et mentalement. Et surtout de vivre une expérience rare. Il faut savoir qu’il y a environ 1800 ryokans qui font partie de la Japan Ryokan Association. C’est le cas de celui d’Hakone. Le nôtre a su garder les propriétés d’un établissement traditionnel avec bois, cloisons de papier et portes coulissantes. Quel bonheur! 

Textes: Fabio Bonavita

Photos: DR