A ne pas manquer cette semaine, Anna, un film décomplexé et Monsieur et madame Adelman, un joyau étincelant et tranchant

Notre chroniqueur Thomas Lécuyer n'aime pas hurler avec les loups. La preuve? Il a beaucoup aimé Anna, le dernier Luc Besson et vous recommande ce dimanche sur France 2, Monsieur et madame Adelaman, un diamant brillant, éclatant, pur, mais aussi froid, dur, tranchant.

Anna
Luc Besson sort un nouveau film et subit une nouvelle belle mise à mort critique. Le cinéaste est habitué, depuis les papiers assassins sur «Le Grand Bleu», en 1988 :« Le grand blues», «La mer à boire», «Ce film manque de producteur, de scénariste et même de metteur en scène». Trente ans plus tard, rien n’a changé. Si Besson l’a parfois bien cherché (certains de ses films sont de belles daubes, comme «Lucy» ou «Angel-A»), si les blockbusters qu’il produit à la chaîne sont souvent des accidents industriels, force est de constater qu’ «Anna» n’est pas si mauvais, et est même plutôt plaisant. Pur produit nostalgique aux saveurs prononcées de «Nikit» et des bonnes vieilles séries B où les Russes étaient tous méchants, le film est un shot vintage de ce cinéma bessonien qu’on aimait bien, aromatisé à la bande-originale oldschool signée Eric Serra. Tout est décomplexé, too much, prend une forme de second degré que je qualifierai volontiers d’assumé. Helen Mirren s’en donne à cœur joie dans un rôle extrêmement fun, Cillian Murphy en fait des caisses en agent du FBI, et c’est drôle, et Luc Besson parodie avec joie l’ambiance hystérique du milieu de la mode des années 80, mais aussi de la guerre froide et du système espion/contre-espion/contre-contre-espion qui a tant nourri Hollywood ces années-là. Il y a des Russes de cinéma, des Américains de cinéma, des Frenchies de cinéma, des voitures qui volent, des jambes interminables, tout le monde parle tout le temps anglais, rien ne semble vraiment crédible mais tout est vraiment fun sans pour autant virer à la comédie. Besson signe une espèce d’auto-hommage relax et décomplexé, une grande récré d’action nostalgique qui nous rappelle nos premiers émois d’ados face à Anne Parillaud, gros gun à la main, robe courte ultra-moulante, collants sexys et talons très hauts.

Monsieur et Madame Adelman, dimanche 21 juillet, 21 heures, France 2
Comment Sarah et Victor ont-il fait pour se supporter pendant plus de 45 ans? Co-écrit et réalisé avec Doria Tillier, sa compagne à l’écran comme à la ville, le cynique Nicolas Bedos signe un premier film en forme de bijou romanesque. Mais si c’est un bijou, attention, car c’est un diamant: brillant, éclatant, pur, mais aussi froid, dur, tranchant. L’homme de mots est aussi un homme de cœur, et un homme de maux, qui explore avec maestria toutes les étapes du sentiment amoureux, de la flamboyance des débuts à la déliquescence programmée des corps et des cœurs.